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Hara Kiri et moi qui pleure...

52harakiri1cm Et si pour une fois, au milieu de gentilles et doucereuses considérations managériales,  je laissais éclater mon indignation ?

Et si pour une fois, faisant fi d'une sage prise de recul et d'une analyse dépassionnée, je prenais enfin le plaisir de mettre tout le gratin dans le même panier ?

Pourquoi se ranger derrière l’objectivité, la prudence, l’impartialité, la mesure et rester en retrait devant tous ces scandales à répétition ?

Les choses se passent et on oublie, et on s’habitue et on ne dit plus rien.

Pourquoi la classe politique n’a-t-elle pas plus protesté que cela devant l’augmentation indécente de 140% de notre souverain ?  pourquoi simplement de pâles discours d’opposition formatés plutôt que de vrais mouvements d’humeur spontanés et violents ? pourquoi de simples haussements d’épaules plutôt que des coups de gueule et des bras d’honneur ? 

Pourquoi ce véritable scandale de l’avion d’Estrosi à 138 000 euros le trajet, n’a-t-il pas soulevé le cœur des journalistes…mis le feu à l’assemblée, fait démissionner les élus, rempli de honte les émules de l’ouverture ?

Et maintenant cette collusion des patrons devant les indemnités de l’ex patron de l’UIMM Denis Gautier Sauvagnac , patron parmi les patrons…pourquoi tant de complicité, de silences devant l’inacceptable ? qui m’empêchera de dire et de penser « tous pourris »…, quels grands patrons ont dénoncé les émoluments incroyables de tels confrères, à la tête d’une entreprise gagnante ou pas ? car accepter au nom du profit qu’un homme gagne 500 fois plus que les sous hommes qu’il encadre n’est il pas véritablement un scandale, une honte, une abjection ? au nom de quoi celui qui se crève au boulot vaut-il 500 fois moins que celui qui joue au monopoly tout en haut de la pyramide ??? quel patron aura le courage de dire non, un grand non à tout cela ?

    

Quand les codes d'honneur seront-ils enfin rétablis ? comment peut-on garder la face ainsi, manquer de scrupule, de décence à ce point là ? et hara kiri les japonais l'ont-ils inventé pour les chiens ?

         

Tous pourris !

La délocalisation ou la vie ?

Suicide C'était un homme du passé mais il désirait tant qu'il y ait un futur pour les autres. Le fondateur de Jallatte, Pierre Jalllatte, fabriquant des chaussures de sécurité Jallatte s'est donné la mort. C'est beau. Geste noble et rare. Geste ultime vraisemblablement dirigé contre les dirigeants actuels et leur décision de délocaliser la production vers la Tunisie. Mais qu'il est dommage de devoir faire don de sa vie pour exprimer son refus de voir l'usine de sa vie massacrée par des incompétents. Car le problème est bien là: La facilité aujourd'hui à dégager de fortes plus values en délocalisant permet au moindre dirigeant sans scrupule d'opérer au grand jour, en toute légalité sans même étudier réellement les solutions alternatives. La créativité, la combativité, la prise de risque ne font pas partie de la palette de cette race de managers. La recette est connue: j'achète une entreprise en dificulté, je restructure, je délocalise , je rends la mariée belle, je revends et j'empoche. Le tout en quelques années voire quelques mois.  Pourquoi ce lancer dans une partie difficile et risquée quand le jeu est gagné d'avance ? la majorité de ces mercenaires, d'ailleurs, seraient bien incapables de trouver des solutions innovantes. C'est bien le problème. Et leur seul argument est de balayer d'un revers dédaigneux toute tentative de résistance en énonçant le postulat de base: "la mondialisation est inéluctable, et finalement pourquoi les tunisiens ou les chinois n'auraient pas droit eux aussi de travailler...?"

Qui a déjà vu son usine être démantelée par des rapaces sans foi ni loi ne peut plus supporter d'entendre cette réthorique simpliste.

On peut considérer que ces dirigeants auraient tort de se priver. A leur place qui d'ailleurs ne s'engouffreraient pas dans ces brèches juteuses ? raison de plus pour rendre la délocalisation légalement difficile, pour qu'elle ne devienne que la solution extrême, pour qu'elle soit validée par une surveillance externe. Le MEDEF et autre CGPME pleurent leurs plus chaudes larmes devant l'abondance de réglementations. C'est vrai, c'est lourd parfois.

Mais qui est dupe ? si tout était permis, les enfants travailleraient et les rivières seraient des décharges à ciel ouvert...

La revanche des indiens...

Indiens ...sur les cow-boys....cette semaine mon ex-entreprise a annoncé son rachat par un groupe indien. Les cow-boys américains, après avoir faire un grand ménage à grand coups de n'importe quoi, ont probablement atteint leur objectif: faire une grosse plus value en rendant la mariée beaucoup, mais alors beaucoup plus belle qu'elle n'est en réalité...avec comme carte de visite, la suppression d'une usine (ce qui fait bien de nos jours), un site dans un pays à bas coûts (ce qui est indispensable de nos jours). Il faut reconnaître que tout était annoncé, planifié, sans surprise...des investisseurs qui rachètent un groupe en difficulté, qui font quelques restructurations de façade, sans se soucier des conséquences à long terme, et le tour est joué...les lendemains seront moroses pour les survivants, leur scalp est en danger...

Incohérence...

Incohrence Pus que quelques jours avant d'intégrer mon nouveau job. Au-delà des interrogations légitimes et naturelles liées aux incertitudes du changement, la question principale qui se pose à moi est "comment trouver ma cohérence ?" Après m'être laissé aller dans les affres mais aussi le plaisir et la facilité de la révolte (intérieure), comment retrouver la hargne et la combativité propre et nécessaire à mon métier. J'ai oublié pendant quelques temps que ma spécialité était de faire...des gains de productivité ! Quand le carnet de commandes est stable ou en baisse, faire des gains de productivité, cela signifie diminution des effectifs. Mais c'est aussi synonyme de survie. Combien de salariés m'ont maudit d'être un des principaux responsables de la réduction de 600 à 300 personnes de mon ex usine ? comme aujourd'hui je maudis ceux qui sont responsables du passage de 300 à 0...

Alors comment rester indigné de ces gaspillages d'hommes, de femmes et de savoir-faire, liés aux délocalisations et remplir ma nouvelle mission ? un carnet de commandes qui explose me permettra dans un premier temps de travailler pour l'expansion d'une entreprise et non plus pour sa survie. Mon goût pour la compétition fera le reste. Mais au fond, moralement et intellectuellement, cette réponse est insuffisante et ne me permet pas totalement d'être...cohérent.

Amis du compte à rebours...

Chrono ...bonjour ! A vous tous lecteurs assidus, spectateurs impuissants du drame qui se joue, blogueurs haletant devant un suspens insupportable, je voudrais vous faire partager notre dernière ligne droite.

Plus qu'un mois ! dans un mois cette usine ne sera plus qu'une coquille vide, vestige d'un siècle d'activité à jamais révolu. Un mois, mais la pression devient difficile à supporter. Tout est fait pour qu'on soit délogés avant. Les assauts répétés des démolisseurs, les incursions des mercenaires deviennent difficiles à contenir. Le chef des déglingueurs fait les cents pas devant les parois vitrées du bastion, espérant le moindre faux mouvement. Les yaourts aux pruneaux sont même en rupture à la cafétaria. C'est un signe. Nous couper les vivres fait partie de leur stratégie. L'absence des machines refroidit l'atmosphère. Le froid ralentit la connection au réseau informatique. L'accès à internet nous est compté.

Un jour prochain, ce blog se figera. Ils auront eu raison de nous. 

Métier d'avenir ?

Ferraille2_3 Il n'y a pas de sot métier...mais ça dépend d'où on se place ! Gardien de prison pour un détenu, c'est quand même pas un métier top, idem un CRS pour un émeutier ou un huissier pour un expulsé. Tout est relatif. Finalement, on pourrait presque considérer qu'il n'y a que de sots métiers. On se demande pourquoi on cherche un job... je me souviens, qu'étudiant, pour moi le plus sot métier était contrôleur de bus...allez  donc savoir pourquoi !

Bon, ceci dit, je découvre un métier méga-sot. Démanteleur d'usine. Vous allez rétorquer que c'est parce que c'est Mon Usine...peut-être...mais quand même...dézingueur, déglingueur, dessoudeur, désarticuleur, démantibuleur, disloqueur, désosseur...quel riche métier !

Ma grand mère disait "il n'y a pas de sot métier, il n'y a que de sottes gens"....dis mémé, les deux à la fois ça n'existe pas ?

Appel à la violence

Incendie_1 Les appels à la violence envahissent le monde des blogs. Ce n'est pas nouveau, ni surprenant... Alors allons-y, profitons de l'effet de mode... j'appelle tous les recruteurs de France à casser les préjugés, à briser le silence, à dégonder les normes, à pulvériser toutes les barrières...

Pascal Clément ministre de la justice annonce que trois blogs on été "démantelés". Enfin ! mais que faisait la police ?

On démantelle mon usine, il ne manquerait plus qu'on s'attaque à mon blog ! je rentre en résistance...

C'est beau la pluie...

Pluie Ce 4 novembre est une journée sombre. Il pleut comme rarement il a plu en cette année de sécheresse. Probablement un signe.  Ce 4 novembre c'est la mort d'une usine, une de plus. Celle-ci était centenaire, indestructible...et pourtant !

C'est normal qu'en un jour aussi triste, il pleuve. C'est même rassurant de penser que les cieux ne cautionnent pas le massacre organisé d'un outil de production performant ...

Un outil, et les gens avec et une âme aussi...tout ça pour finir menus hachés par des objectifs financiers à très court terme, dénués de toute stratégie industrielle...

"La plus belle productivité du groupe" (ils osent le dire !!!), " une belle réussite" (je suis mort de rire !), "une équipe modèle" (arrêtez j'en peux plus !)...mais un produit dont le coût main d'oeuvre rend la situation invivable à côté de certains pays...

Oui...mais la qualité ?  le service ?  ce n'est pas le problème. Dans quelques années le groupe n'existera plus, les marques n'existeront plus...les charognards se seront servis bien avant !

Et les clients qui se meurent aussi...pas grave...question d'objectif...on ne peut pas penser clients, employés, vision, valeurs et en même temps rentabilité à deux chiffres...Et puis ce ne sera pas le premier (ni le dernier) groupe industriel bradé, restructuré (en fait destructuré !), déguisé en une belle mariée, morcelé et revendu...

N'empêche, que j'ai beau être un adepte de la performance, de la réduction des coûts, des progrès continus, de la traque aux gaspillages...ça me fait mal au coeur...je sais, ça aussi, on doit peut-être pas le dire , encore moins l'écrire...

Ben non , moi je le revendique. Ras le bol du politiquement correct, des retours sur investissement sur six mois, des fonds de pension américains (pléonasme !), de cet argent qui coule à flot pour fermer un site, plutôt que pour le faire vivre...ras le bol de ces pseudos-usines dans les pays à bas coût -parce que c'est la mode- ras le bol des ces bilans financiers arrangés...ras le bol des joueurs de monopoly...

Le seul truc qui m'ait fait plaisir aujourd'hui, c'est cette putain de pluie...

Indélocalisable...indéracinable même !

Chinois

Il y eut une période ou l'on vendit nos immeubles, une autre où l'on céda notre terrain...puis vint les machines...nous craignâmes même pour notre corps...

Je suis resté incorruptible. Pascal FRANCOIS

Et puis on parla de délocalisation, coût main d'oeuvre. On occulta la qualité, les coûts de transport, le service client..et on délocalisa.

Je suis resté indéracinable...Je sais, c'est pas "économiquement correct" d'être indéracinable. Délocaliser, même quand on n'a pas examiné le coût global (c'est quoi ça ?), c'est très correct, en revanche.

Tant pis, je suis indélocalisable. Avis aux embaucheurs. Peut-être sera-ce une qualité, demain ? Pascal FRANCOIS