Non je n’ai pas envie d’embaucher un vieux (*)…
Une partie du problème est la définition du vieux, ou "senior" comme on l’appelle pour éviter de froisser ceux dont la peau l’est déjà.
Ben un vieux, justement c’est un type de 45/50 ans qu’on n'a pas envie d’embaucher. On a beau nous abreuver de statistiques alarmantes, de bonnes intentions, d’incitations financières, de discrimination positive, je ne vois vraiement pas ce qui encouragerait à recruter un vieux.
Le vieux en général a peaufiné son CV pour mettre en avant la plus value qui pourrait expliquer des exigences salariales qui à elles seules refroidissent tout recruteur de bonne volonté.
Le vieux commence par mettre en avant son expérience. La belle affaire ! Que faire de ce qui s’est passé dans sa carrière il y a dix, vingt ou trente ans ? En quoi les périodes passées, technologiquement et managérialement dépassées peuvent être intéressantes ? Le vieux a déjà tout vu et tout connu.
Puis on passe rapidement au chapitre de la sagesse et de la maturité. Il essaie de nous expliquer que la spontanéïté est un gros défaut et qu’avec lui pas de risque. On ne pourra donc même pas espérer quelques dérapages générateurs de vie et d’enthousiasme ? Quelques erreurs synonymes de progrès ? Le vieux nous condamnerait à une sérénité plate et triste ?
Le vieux connaît beaucoup de choses. Certes il les oublie mais tout de même il est sûr de son savoir. Alors à l’ère d’internet et de la connaissance partagée il faudrait se taper une encyclopédie vivante, fouillis d’informations obsolètes et figées ! Oui le vieux est un expert et en plus il connaît le nom de toutes les préfectures et des sous préfectures !
Le vieux ne doute pas, il est serein. Ca c’est sûr, il ne doute de rien, se présenter avec de tels arguments !
Quand vous avez fait le tour des points forts avec le vieux, il aborde alors ses points faibles en minimisant le tableau désastreux :
- Le vieux se fatigue vite mais si on adapte ses conditions de travail il n’y a pas de problème
- Il n’est pas à l’aise avec les NTIC, mais il va très vite avec sa règle à calcul.
- L’anglais est du chinois pour lui mais il pratique la langue des signes.
- Le vieux est cher mais compte tenu de ses qualités (voir ci-dessus), rien d’anormal.
Il y a toujours un « mais » avec les vieux au travail. Là est aussi le problème, difficile d’avoir le dernier mot avec un vieux…
Non, je n’ai décidément pas envie d’embaucher un vieux….
A moins que…
A moins de rencontrer un vieux qui accepte de lutter à armes égales avec tous les autres (les non vieux, les jeunes quoi !), qui soit plus créatif, plus dynamique, plus habile, plus enthousiaste, plus fort, plus intelligent…Un vieux qui comprenne que l’entreprise n’a aucun intérêt à embaucher un boulet simplement pour équilibrer la pyramide des âges...
Le CV ne devrait pas laisser deviner l’âge, ni le dévoiler. Au panier toutes les expériences éloignées, les références dépassées.
Je veux juste embaucher le meilleur, c’est tout. jeune ou vieux…
(*) ou vieille, ne faisons pas de discrimination.




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