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Heureux et fier !

PomponCa y est JLE a décroché le pompon ! après un parcours long et difficile, mais victorieux, entamé dès début décembre, il entre enfin dans l'équipe des reclassés. Avec l'ours des carpathes DL  , qui a crû un instant au mirage de l'expatriation dorée et qui revient dans nos contrées pour un job intéressant, 83% des cadres sont reclassés, moins d'un mois après la fermeture. Super résultat, d'autant plus que le 100% devrait être atteint dans les semaines qui viennent. La rigueur, l'esprit d'équipe, le goût de la compétition positive, les compétences pointues en méthodes de management de production, la culture de l'amélioration continue ont permis à l'équipe de cadres mais aussi à la plupart des techniciens (*) d'être appréciés et même demandés par les entreprises de la région. Plusieurs d'entre nous ont eu la chance d'avoir en plus le choix !

Je suis fier de ça. une fierté personnelle et partagée. Si tout le travail effectué en profondeur, sur les compétences et les pratiques, n'a pas été reconnu par le top management de notre défunte entreprise, il l'est par les autres entreprises. C'est ça notre vraie réussite.

(*) je n'ai pas beaucoup d'informations sur les opérateurs dont certains se sont tournés vers d'autres secteurs, mais je sais que globalement le résultat est très...satisfaisant.

happy birthday

Juin_2005_006cUn an ! un an pile que la fermeture de notre usine était annoncée au personnel...même sans forcément se retourner inutilement sur le passé, ça vaut le coup de dédier ce premier anniversaire à tous les décideurs, top management, high businessmen et autres financiers de tous crins qui prennent des décisions à l'emporte pièce et qui se plantent lamentablement, en provoquant des dommages collatéraux dont certains souffrirons longtemps. Pour l'occasion j'ai le plaisir de me dévoiler et leur offrir mon plus beau sourire...   

Bonne année !!!

Soupe Le réveillon cette année pour moi, ce sera soupe de poireaux avec biscottes délicatement immergées. Pendant qu'agapes et cotillons seront le lot de chacun, il me semble qu'une retraite brève mais intense est nécessaire pour faire le bilan d'une année...disons mouvementée (euphémisme). je vais en profiter aussi pour rédiger mes cartes de voeux qui seront cette année teintées de douceur et de tendresse...En avant première, j'ai envie de vous faire partager, amis lecteurs du blog, mes quelques voeux d'espoir...

Je souhaite un krach monumental à la bourse de New York avec un tsunami financier qui submergera toutes les places du monde...Je souhaite un soulèvement sans précédent du peuple chinois contre leurs conditions de travail lamentables...Je souhaite un tremblement de terre en Tunisie dans la région de Kairouan. 9 minimum sur l'échelle de Richter...Je souhaite une explosion des coûts de transport liée au pétrole et à l'engorgement des voies maritimes...et plein de choses bien à Sarkozy, mon petit préféré (!) et à tous les chantres du libéralisme sauvage et de la pensée unique...

Une petite pensée aussi pour vous tous...dans les reflets de ma soupe aux poireaux je ne vois que de bons présages...

Bonne année 2006...

Zéro...

Fin_2       

Il n'en reste qu'un !

H1 Plus qu'un jour...c'est en ce qui me concerne le 7921ème jour. Aujourd'hui champagne, SM a trouvé un job. Les deux-tiers de l'encadrement ont retrouvé un travail avant la fermeture de l'usine. Les autres ne vont pas tarder. C'est même très chaud pour JLE...

Alors nous avons rangé, mangé , bu, chanté....redécouvert avec plaisir la chanson de soeur Sourire , pour finir la journée par un squash sanglant. JLE par un coup de raquette vengeur sur le crâne a voulu me faire payer quelques années de collaboration... Ce mercredi nous vidons les locaux. C'est la fin. C'est pas possible d'avoir bossé autant pour en arriver là...pour s'entendre dire que "La Chine, finalement, c'est un peu loin..." . Tout juste si on nous ne disait pas "si on avait su..."

Plus que 2 jours...

H2 Plus que deux jours. Impossible d'écrire la moindre parcelle de blog avec ce foutu PC. Un informaticien, spécialement délégué pour cette tâche infâme, a débranché le serveur, tôt ce matin. L'adsl est revenue au temps maudit du 56K. Les mails partent et reviennent sans trouver leur destinataire. Les cris de BL déchirent encore l'atmosphère glaciale. Lui aussi est en train de péter un cable...

Tout est vide, il ne reste que nous, engoncés dans notre parka, transis de froid et de colère. Ils ont fermé la cafétaria. L'odeur des frites plane encore dans les couloirs. Quelques cadavres de yaourts jonchent le sol.

Quelques zombies à cagoule viennent quémander pitance et chaleur. Nous accueillons ces démonteurs avec mansuétude. Exécuteurs des basses oeuvres, nous n'oublions pas qu'ils sont aussi victimes. Ils repartent à la quête d'une armoire ou d'un bureau perdu, repus d'un bout de croissant rassis et d'un café rance (faut pas exagérer non plus !)

Les ateliers sont vides comme la mort.

BL, JLE et SM activent leur recherche. les entretiens se succèdent. Les autres font leurs cartons, histoire d'emmener un bout d'âme avec eux.

Les derniers jours le champagne va couler à flot. On va lutter jusqu'au bout, la coupe à la main pour fêter notre deuxième vie.

Rejet

GreffonLe greffon prendra-t-il ? la question est d'actualité. les problématiques du rejet, aux conséquences dramatiques dans les greffes médicales, existent aussi dans le monde du travail. De notre observatoire fortifié nous assistons en spectateurs impuissants aux difficultés de nos collègues qui ont retrouvé un job. Ne nous trompons pas, si la phase de recherche est difficile et stressante, c'est aussi une phase dynamique et créatrice. Et ce n'est que la première étape.

Toutes les expériences montrent une première période de déprime post-recherche. Compréhensible  après la joie intense et légitime d'avoir signé. Le problème est de différencier cette période normale au début d'un nouveau job où la prise de repères prend un peu de temps , d'un vrai problème de management de l'entreprise qu'on intègre. Observer, s'acclimater, s'adapter est nécessaire. Vendre son âme, non. Il est difficile de percevoir lors du recrutement, le style de management d'un patron acariâtre ou despote...

Pour limiter les rejets, les transplantés sont soumis à une cure intensive de médicaments. Le shootage au prozac n'est pourtant pas à conseiller au nouvel embauché. Celui-ci doit prendre du recul, en se posant les bonnes questions:

  • Suis-je dans une phase normale de doute lié au changement ?
  • Aurai-je les moyens d'influer sur une situation qui ne me convient pas aujourd'hui ?

Certains ont répondu très rapidement par la négative à ces deux questions et ont jeté l'éponge. Il faut du courage, aussi pour ça.