Dans la série "tous les bienfaits de la crise" aujourd'hui décortiquons ensemble la chance unique qui nous est offerte de ne jamais atteindre la marche de Peter. "Chaque employé tend à s'élever à son niveau d'incompétence", principe décrit par Laurence J.Peter et Raymond Hull (il y a 40 ans !) qui veut que les compétents soient promus jusqu'à leur incompétence. Les incompétents stagnent alors dans leur dernier poste, la dernière marche. Ce principe est la conséquence convergente de plusieurs phénomènes:
- Les promotions se font sur la base de compétences qui ne correspondent pas forcément à la nouvelle fonction. Combien de très bons techniciens se sont cassés les dents sur des postes d'encadrement ou d'organisation ?
- Le désir de promotion est guidé souvent plus par des considérations financières et de prestige que par un désir d'épanouissement.
- L'ambition est portée comme une valeur universelle.
- Les promotions sont décidées par des incompétents (bon, pas toujours...!)
On ne se rend pas souvent compte de son incompétence. Pourtant la plupart du temps les signaux d'alarme sont nombreux:
- Les symptômes pathologiques tels que la dépression, les maux de tête ou de dos qu'on rend facilement responsables de son incompétence.
- Les symptômes non pathologiques qui sont de vraies stratégies conscientes ou inconscientes pour vivre son incompétence. On peut passer du temps sur des tâches annexes, ranger, classer, se déplacer, abuser des moyens de communication, simuler son activité, faire des rapports longs et obscurs, utiliser des langages abscons...
Mais quand le diagnostic est fait il est déjà trop tard. En fait il vaut mieux ne pas atteindre cette fameuse marche, même si elle est souvent inéluctable. Dans certains cas la hiérarchie et les opportunités de promotion ne le permettent pas. Les compétents arrivés au sommet essaient par tous les moyens de changer de secteur d'activité ce qui effectivement peut relancer leur ascension vers le seuil d'incompétence.
En fait , en dehors de la crise qui va mettre à la rue des compétents avant qu'ils ne deviennent incompétents, une seule solution : éviter la promotion. Pas facile de rester compétent et de mettre en place une stratégie d'évitement. Pas question de refuser frontalement une proposition, ce qui serait considéré comme un aveu...d'incompétence. Il faut tout en continuant à gouter au plaisir, l'épanouissement et à la sérénité de la compétence tout en décourageant les tentatives de promotion. La meilleure est de ne pas se fondre dans le moule: ne pas aller aux pots organisés par le patron, affirmer ses idées d'extrême gauche, ne pas ranger son bureau, faire crisser ses pneus en démarrant...autant de petits détails qui sans remettre en question le poste vont permettre d'éviter le pire: la promotion !
Les incompétents c'est comme les abrutis, c'est toujours les autres. Pourtant à la lecture du principe de Peter on ne peut éviter la question "et moi ?"

Je ne connaissais pas du tout cette théorie. Toutefois, en y refléchissant, c'est affreux car il y a du vrai dans tout cela. D'ailleurs, cela m'inquiète un peu, car je suis actuellement une formation afin de pouvoir prendre du "galon" au sein de mon entreprise... Ne vais-je seulement relever mon niveau d'incompétence ?
Si l'on abonde dans le sens de cette théorie je ne fais que gagner un peu de temps avant d'être incompétente...pas très glorieux comme avenir!
Rédigé par : Laetitia | 05/08/2009 à 17:39