Eloge du beautile
La recherche du beau peut elle faire partie d’une pratique de management, dont la finalité est ne l’oublions pas la performance de l’entreprise ? La définition même du beau n’est-elle pas incompatible avec les intérêts bassement matériels, comme l’intérêt économique ? Poursuivre un objectif esthétique est-il forcément antinomique avec l’exigence d’efficacité ?
Songer à privilégier le beau peut paraître absurde dans le monde gris et terne de l’industrie lourde ; Qui pourrait voir un soupçon de poésie dans ce monde de brutes ? Personne. Et justement, si on s’engouffrait dans cette brèche ? et si le beau finalement pouvait être utile ? et si on ne faisait pas que simplement joindre l’utile à l’agréable, mais aboutir à l’utile par le beau ?
La recherche du beau va évidemment se heurter à une définition controversée d’une notion considérée comme peu universelle. Je n’aurais pas la prétention de donner une version définitive mais pourrait-on s’entendre sur celle qui prétend que le beau est ce qui déclenche l’admiration et procure une sensation de plaisir ? La définition n’est pas universelle, certes, mais les belles choses ne le sont-elles pas un peu ?
Ne pourrions nous pas implanter des machines aux sons harmonieux ? Ne pourrions nous pas communiquer par mails rédigés en alexandrins ? Utiliser des produits aux odeurs parfumées, concevoir des postes de travail qui respecteraient les proportions du nombre d’or ? le beau ne serait-il pas finalement d’une utilité supérieure s’il contribue à rendre l’homme heureux au travail ? et quel est le facteur de performance le plus efficace que le plaisir de travailler ?
Ces pensées fugaces me vinrent ce matin lors d’un entraînement délicat de course à pied, soufflant comme un boeuf. J’ai réalisé sur le parcours que les coureurs les plus performants que je croisais étaient ceux qui avaient la plus belle foulée…fluide, déliée, ample, légère, alignée, aérienne, bondissante…inutile de sortir le chronomètre pour prévoir leur temps. L’élégance intimement liée à la performance, sans savoir lequel est la conséquence de l’autre…peu importe d’ailleurs. Alors plutôt que rechercher la vitesse, partir à la quête de l’esthétisme du geste….douce sensation de se sentir alors voler, sensation du déroulé parfait qui déclenche une salve d’endorphines, et qui propulse à coup sûr sur le chemin de la performance.



Je partage ce point de vue . J'ajouterais une allusion à la beauté du geste fabricateur ( mais si), sa maîtrise et son élégance, ... des outils et de l'objet fabriqué.
Allier esthétique et technique est un beau projet.
Esthétechnologique ! !
Rédigé par: François gilbert | le 04/05/2008 à 19:33