Asso ou disso ?
Le poids de forme n’était pas au rendez vous pour cette course sous un soleil agréable mais avec un vent du sud qui promettait une dernière ligne droite douloureuse. Donc pas de chance de record, juste une nouvelle occasion d’aller au bout de soi, au-delà même. On fait des sacrifices avant, on se jure de ne jamais recommencer pendant et on regrette de ne pas être allé plus vite après. Et tout ça pour des clopinettes, tout ça pour se retrouver vent de face avec une fréquence cardiaque qui explose et une vitesse qui s’effondre.
Non ce n’était décidément pas le jour du record. Conscient en permanence pendant la course de ce rendez-vous manqué, j’en ai profité pour analyser au cœur de l’action les causes de l’échec promis, au-delà des conditions extérieures qui ne sont qu’un alibi pratique. Comment gérer l’effort quand il sort des limites du corps et de l’esprit ?
Le verdict est clair : abus du style associatif au détriment du style dissociatif. En d’autres termes je passe mon temps à me concentrer sur la douleur pour la combattre par des actions internes : on modifie sa foulée, on essaie de se relâcher ou on adopte un rythme respiratoire différent. Le style dissociatif consisterait au contraire à laisser divaguer son esprit ou se concentrer sur l’externe, en faisant des grilles de sudoku imaginaires avec les numéros des dossards des coureurs par exemple. Combattre la douleur en l’oubliant…
Comme dans toutes les stratégies gagnantes, l’alchimie est plus complexe. Certes, faire une compétition en pensant à ses futures vacances ne forge pas un vainqueur. Mais se focaliser sur la douleur n’est pas source de performance non plus. L’idéal serait de mixer les deux pour d’une part profiter de moments de récupération et d’autre part pour vérifier que la machine ne va pas tomber brutalement en panne.
On ferait mieux de temps en temps laisser divaguer son esprit, tout en le maîtrisant, et l’emmener sur les chemins de la concentration dissociative. Alors qu’en plein effort je me demandais simplement si cette constatation ne valait pas aussi pour le monde de l’entreprise, je finissais en trombe …CQFD !



Bien mené le récit. On imagine que vous allez rendre les armes mais non, bien sûr, vous finissez en trombe ! Evidemment, c'est vous ... Et pourtant ce que vous dites est vrai et je l'expérimente à chaque fois que je cours. Comme vous dites, CQFD.
Rédigé par: Gicerilla | le 23/05/2008 à 22:40