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J'avais la frite...

Frite3 21 octobre... un moment que j'attendais depuis lontemps, surtout depuis huit semaines, huit semaines de sacrifice et de privation. La course ! celle où il faut courir à la fois à fond et longtemps, celle qui nécessite des jambes de feu et un coeur de lion. Le temps est froid, le vent du nord souffle sur le plateau et frigorifie les 1000 participants à cette course qualifiante aux championnats de France.

Huit semaines sans gras ni sucre, huit semaines d'entrainement forcé et renforcé au petit matin ou au crépuscule, huit semaines pour perdre  sept kilos de gras sans perdre une once de muscle, huit semaines pour allonger de quelques centimètres la foulée, huit semaines pour ralentir un coeur qui bat toujours trop vite. Un objectif, battre mon record qui date de 2004, battre un record pour me persuader que la pente est toujours ascendante, pour reculer encore le vertige de la descente sans fin...

Le coup de feu claque. Je lâche les chevaux. Ma foulée est fluide, j'écarte les présompteux placés trop près du départ et qui me font obstacle. Je déroule. Huit semaines sans frite, sans beurre, sans cacahuète à l'apéritif, sans apéritif non plus. Je double et me dédouble. J'entends souffler autour de moi, cracher. Je ne m'entends même pas respirer. Chaque encouragement déclenche une décharge d'adrénaline. 175 bpm, mon coeur est à bloc, parfaitement dans le tempo, comme une belle mécanique. Huit semaines de légumes, de thon-lentille, de fromage blanc 0%, de blanc de poulet. J'accélère encore, pourquoi ai-je tant de réserve ? 178 bpm je ne m'emballe pas. Que faire, assurer ou aller encore plus vite ? comment atteindre le point de rupture sans le dépasser ? huit semaines sans permission de minuit, huit semaines de massage au ketum, huit semaines d'escaliers quatre par quatre...

L'arrivée est proche. 183 bpm, je ne regarde plus le chrono, je vole. Sentir chacun de ses muscles est une douce jouissance et un par un je dépose les coureurs au bord de la souffrance. Le dernier tour de piste est un tour de gloire, le record est battu.

Que dis-je, le record est pulvérisé ! de plus de deux minutes ! les 850 coureurs arrivant derrière moi me regardent avec envie, malgré mes huit semaines de privation. On me félicite, on s'étonne, on parle de dopage. On me dit que je suis comme le bon vin qui se bonifie avec l'âge.

Ben non, je suis persuadé qu'on ne se bonifie pas avec l'âge, bien au contraire. J'ai été bon, c'est tout. J'ai juste un regret, pourquoi ne pas être allé plus vite ? Le temps de se photographier, de se changer et nous sommes allés de concert, ex-collègues et collègues actuels affûtés eux aussi, goûter à une spécialité inédite, les frites au beurre.

Juste des frites avec une motte de beurre pour oublier ces maudites huit semaines.

 

Rugby: sortie par la (petite) porte...

Porte Je serai clair dès le départ, je n'y connais rien en rugby. Mais cette coupe du monde catastrophique (3 défaites pour 3 victoires !) était écrite avant l'heure. Tout manager devrait puiser les exemples dans le monde sportif et les contre-exemples aussi.

  • Un entraineur multi-fonctions, Bernard Laporte, aussi présent pour vanter les mérites d'un jambon que pour soutenir son équipe. A ce niveau ce n'est pas de la polyvalence, c'est de la dispersion malsaine.
  • Une starisation de l'équipe avant le début de la compétition. Le phénomène Sébastien Chabal a plus attiré les foules que semé la folie sur le terrain.
  • De graves erreurs de management comme la lecture de la lettre de Guy Moquet avant le premier match. De la confusion des genres à l'absence totale de psychologie, un grand moment de management !
  • Une absence de doute de l'entraineur qui l'empêche de se remettre en question et de réagir en fonction des évènements.
  • Absence de panache, de prise de risque, la culture extême du résultat qui rend frileux. on joue la défense et on en oublie les fondements du jeu. Erreur classique quand l'enjeu prend le pas sur le jeu.
  • Et puis jamais personne ne s'est étonné des célèbres coup de gueule dans les vestiaires de Bernard Laporte. Et si c'était un symptôme de son incompétence, qui aurait dû alerter les instances dirigeantes  ?

Le débat est lancé, la faute de Laporte ? la faute des joueurs ? selon moi la réponse est claire: ceux qui ont fait le choix de l'incompétence et ont laissé un tel entraineur à la tête de l'équipe de France sont les premiers responsables de ce fiasco.

Les joueurs n'y sont pour rien. Et les quelques mauvais d'entre eux ne sont que victimes du choix du sélectionneur. Tout est affaire de management et comme le disait Juran, la grande majorité des erreurs viennent de la direction. Et quand on voit un chef qui éructe, gueule, ne doute pas, ne prend pas de risque, de donne pas d'autonomie, n'improvise pas, se disperse, ne supporte par la critique, le diagnostic est malheureusement sans appel...le résultat aussi !

Le paradoxe du camion

M767ca7pxw2xca24t5dscalhb612caxaz0n Bon, en fait pour moi c'est fini depuis près de deux ans les lampes à incandescence consommatrices d'énergie, mélange de verre et de métaux difficiles à trier, sans parler des gaz rares prisonniers de cette enveloppe de verre bannie. D'ailleurs il faudrait songer à ne plus utiliser la lampe à incandescence pour illustrer une idée géniale, car en fin de compte c'était une très mauvaise idée. Aujourd'hui je me suis reconverti dans la production de pièces pour camions. Vous allez rétorquer que d'un point de vue écologique ce n'est pas mieux. Mais j'ai bien l'intention d'aller jusqu'à la fin des camions, après je produirai autre chose jusqu'à la fin aussi, parce que finalement tout a une fin et même en général tout est bien qui finit bien...

En fait  si j'ai choisi les camions, ce n'est pas que j'aime les camions mais plutôt à cause du "paradoxe du camion": plus je produis des pièces de camion, plus j'ai besoin de camions pour les transporter et plus il y a de camions pour transporter des pièces de camion  plus il faut produire de pièces pour les camions !

Vous avez suivi ? le paradoxe du camion c'est pour moi la garantie d'un job durable !