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La délocalisation ou la vie ?

Suicide C'était un homme du passé mais il désirait tant qu'il y ait un futur pour les autres. Le fondateur de Jallatte, Pierre Jalllatte, fabriquant des chaussures de sécurité Jallatte s'est donné la mort. C'est beau. Geste noble et rare. Geste ultime vraisemblablement dirigé contre les dirigeants actuels et leur décision de délocaliser la production vers la Tunisie. Mais qu'il est dommage de devoir faire don de sa vie pour exprimer son refus de voir l'usine de sa vie massacrée par des incompétents. Car le problème est bien là: La facilité aujourd'hui à dégager de fortes plus values en délocalisant permet au moindre dirigeant sans scrupule d'opérer au grand jour, en toute légalité sans même étudier réellement les solutions alternatives. La créativité, la combativité, la prise de risque ne font pas partie de la palette de cette race de managers. La recette est connue: j'achète une entreprise en dificulté, je restructure, je délocalise , je rends la mariée belle, je revends et j'empoche. Le tout en quelques années voire quelques mois.  Pourquoi ce lancer dans une partie difficile et risquée quand le jeu est gagné d'avance ? la majorité de ces mercenaires, d'ailleurs, seraient bien incapables de trouver des solutions innovantes. C'est bien le problème. Et leur seul argument est de balayer d'un revers dédaigneux toute tentative de résistance en énonçant le postulat de base: "la mondialisation est inéluctable, et finalement pourquoi les tunisiens ou les chinois n'auraient pas droit eux aussi de travailler...?"

Qui a déjà vu son usine être démantelée par des rapaces sans foi ni loi ne peut plus supporter d'entendre cette réthorique simpliste.

On peut considérer que ces dirigeants auraient tort de se priver. A leur place qui d'ailleurs ne s'engouffreraient pas dans ces brèches juteuses ? raison de plus pour rendre la délocalisation légalement difficile, pour qu'elle ne devienne que la solution extrême, pour qu'elle soit validée par une surveillance externe. Le MEDEF et autre CGPME pleurent leurs plus chaudes larmes devant l'abondance de réglementations. C'est vrai, c'est lourd parfois.

Mais qui est dupe ? si tout était permis, les enfants travailleraient et les rivières seraient des décharges à ciel ouvert...

I had a cauchemar...

Deloc2 Le rêve du plein emploi...pour qui ? un cauchemar plutôt ? cauchemar pour des pans entiers de l'économie qui ne trouveront plus de main d'oeuvre bon marché, maléable et présurisable à souhait...cauchemar pour tous ces patrons autoritaires (*) , despotiques qui mènent leur entreprise comme une armée avilie, sous le chantage implicite du spectre du chômage...cauchemar pour ces managers rigides (*) qui n'ont pas compris que le management était à réinventer...cauchemar pour les princes du dédain, les rois de l'irrespect, les chantres de la baguette, cauchemar pour les beaux parleurs qui vont devoir aligner paroles et actes...cauchemar pour les financiers frileux (*) devant une juste et nécessaire remontée des salaires...cauchemar pour les DRH repus (*) qui vont devoir rivaliser de créativité pour recruter...cauchemar pour les cabinets de recrutements indélicats (*) qui vont prendre en pleine figure leur propre boomerang...

Malheureusement cauchemar pour les salariés devant l'inflation, la profusion des heures supplémentaires et...cauchemar devant la recrudescence des délocalisations...le patron sans idée et sans âme n'est pas pour autant inactif et les pays à faible coût de main d'oeuvre seront d'autant plus accueillants...

(*) pléonasmes...parfois...souvent...