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Pas de bile je viens de l'automobile...

Auto3   Vous justifiez d'une première expérience en management et en production acquise dans le secteur automobile. Une expérience chez un équipementier ou chez un constructeur automobile est un plus. Pour ceux qui recherchent un emploi dans les fonctions industrielles , ces phrases résonnent comme un glas si par malheur le mot automobile ne figure pas dans le CV. Les cabinets de recrutement et les entreprises industrielles sont peu à échapper à cette mode de la référence à l'industrie automobile. Mais tout part d'un gigantesque malentendu, d'un discours industrialement correct qui consiste à penser et à dire que le management dans l'industrie automobile est unique et est un modèle. Cela provient en grande partie que la majorité des méthodes de production sont issues du modèle TOYOTA. Ces méthodes, pleines de bon sens, ont été importées par nombre de grandes entreprises et de petites aussi, mais sans se soucier des comportements culturels. Et voilà que je te balance des méthodes aux noms alambiqués, incompréhensibles mais menées de main de fer par des experts diplômés qui calquent un modèle avant même d'avoir fait un diagnostic. Les cadres ayant faits leurs armes dans l'industrie automobile infiltrent leur profil formaté dans toutes les entreprises. Il suffit de prononcer quelques mots miracles pour stopper le débat, établir hiérarchie et barrière entre les bons et les mauvais...

Certaines entreprises , comme Valéo, qui ont la réputation de presser leurs cadres comme des citrons, sont souvent cités en exemple indiscutable, par des transfuges, ex-victimes et néo-bourreaux... 

En réalité, le monde automobile aujourd'hui, ce n'est que rapport de force, pressurisation des plus petits , des sous-traitants, des fournisseurs...les grandes théories de la Qualité Totale sont foulées au pied... 

Alors dans son CV, citer les 5S, lean manufacturing, Kanban, Kaïzen, SMED oui probablement...mais garder en tête que la boite à outils ne suffit pas, que calquer des modèles est confortable mais inefficace...

Avoir aussi à l'esprit que le formatage, quelqu'il soit, est synonyme de pauvreté et d'ennui... 

Le paradoxe de la machine à café

Caf Aïe, après cette période de torpeur (mais ai-je tort d'avoir peur ?) , j'ai du mal à éviter les commentaires politiques ou plutôt mes ressentiments d'ordre politique. Après tout mes lecteurs n'ont cure de mes opinions, c'est un blog qui parle de management, de délocalisation, d'emploi, pas de politique. D'ailleurs ce serait la meilleure façon de perdre 53% de mes lecteurs, même si j'entends déjà des persifleurs qui soutiendront que 53% de pas beaucoup , c'est très peu...

Donc pas de politique. J'aurais pu m'épandre facilement sur les 3 jours de vacances de Nicolas qui ont coûté l'équivalent de 10 ans de SMIC, certes pas à l'état, en tout cas pas encore...Non trop facile...c'est comme pour les parachutes dorés de Forgeat...il faut absolument que j'arrive à me mettre dans la tête que certains valent des milliers d'autres. Ces autres qui devront travailler plus pour gagner plus ! parce que là c'est étrange, ceux qui vont devoir travailler plus, ils sont plutôt dans les 47%...

Et moi qui étais persuadé que c'est en travaillant mieux qu'on peut gagner plus...il va falloir que je reconsidère toutes mes théories ! là aussi il faut s'habituer à considérer que c'est une idée géniale... en tout cas je vois un soupçon de consensus dans ce concept...ce qui doivent travailler plus pour gagner plus ont intérêt à lever le pied, souffler un peu, passer du temps autour de la machine à café, trainer aux toilettes, se remettre à fumer pour prendre l'air (sic). D'une pierre deux coups: moins travailler la semaine pour se préparer à rattraper en heures supplémentaires le temps perdu.Tout ça pour gagner plus !

C'est ça le paradoxe de la machine à café, il est nouveau, mais troublant...plus tu vas boire des cafés , plus tu vas gagner...

En parlant de machine à café, allez faire un tour chez le percolateur, ça n'a rien à voir mais c'est très intéressant...

A fond la forme ?

Sarko Pas si sûr...quand la forme est impeccable, sans faille, brillante elle peut faire craindre le pire: trop beau pour être vrai ou la sagesse des proverbes populaires... Comment ne pas soupçonner les vices cachés, la faiblesse du contenu quand la phrase est alerte, le verbe enlevé et l'orateur hors pair?  que cache la certitude, la suffisance...? où sont les doutes, les silences, les hésitations, la voix qui s'éraille, la gorge qui s'étrangle ? où sont les tracs, les tics nerveux, les regards inquiets ? où est le pli sur le costume, la cravate mal ajustée ? comment ne pas nier que la limite entre l'assurance affichée et l'intolérance masquée est ténue ?

La confusion est trop fréquente et on peut craindre dans de nombreuses situations que trébucher sur la forme ne biaise le jugement porté sur le fond. Les candidats formatés et aseptysés peuvent nous faire peur...et je ne parle pas que des candidats à l'emploi...