Le manager chimiste

Molécules Le management finalement, ce n'est pas si difficile. Comme tout le reste ce n'est qu'une histoire de chimie. 

Pour apprendre vite et donc réduire le budget formation, une goutte de noradrénaline, qui développe en plus la capacité à faire des tâches répétitives et ennuyeuses.

 Votre collaborateur est agressif, prend des risques inconsidérés ? Alors juste un zeste de sérotonine, pour le calmer et lui donner du recul.

Il oublie en permanence les rendez-vous, n'arrive pas à l'heure en réunion. Dès que vous lui demandez une information , il est obligé de consulter ses notes ou le web. Pas de doute, il lui manque de l'acétylcholine. Une bonne cure et chaque membre de votre équipe deviendra une encyclopédie vivante !

 Un problème de motivation, d'envie ? le personnel manque de plaisir à la tâche ? La crise déprime les meilleurs d'entre eux, leur capacité à combattre est émoussée ? Alors distribution généralisée de dopamine !

 La peur du lendemain, l'angoisse de l'inconnu, l'anxiété devant un carnet de commande qui s'amenuise jour après jour paralysent vos cadres ? un peu d'acide gamma-aminobutyrique pour calmer les troupes et diminuer les tensions.

 Et pour rendre chaque journée de travail douce et idyllique, ne pas oublier ses endorphines chaque matin !

Tous ces produits miracles ne sont autre que des neuro-transmetteurs, les messagers chimiques de notre cerveau. A défaut d'un cocktail trouvé dans le commerce, il suffit de les stimuler et leur faire franchir les espaces synaptiques sans encombre.

 Et si le manager de demain était d'abord un très bon chimiste ?

Pour creuser le sujet,  Cerveau&Psycho le magazine des neurosciences.

     

Le rachis tique...

Rachis ...à l'aube de ma rentrée dans le grande monde des seniors. L'homme brisé par une cabriole intempestive a du mal à redresser l'échine, les disques sont rayés et la mécanique enrayée. Faut-il abandonner un combat perdu d'avance ?  Encore un peu plus d'un an avant de pénétrer dans cette ère nouvelle où l'on rencontre plus de joueurs de curling que de champions de squash, où les week-ends de thalassothérapie prennent le pas sur les compétitions de course à pieds et où les tournois de bridge affolent des soirées arrosées à la verveine.

Youpi ! Bientôt le peignoir blanc et les tongues jetables pour arpenter les couloirs des grands hôtels à la recherche d'un hammam ou d'une baignoire à remous qui fleure bon l'odeur des algues putrides. Chouette ! Enfin le plaisir incomparable d'un petit déjeuner plantureux tout en découvrant la presse du jour d'un regard presbyte et critique. 

Vive les oreillers ergonomiques et les ceintures abdominales, les vélos d'appartement et les bains de pieds !

Finis les régimes stakhanovistes de la performance, l'obsession du corps sec et des muscles saillants. Bientôt je serai un homme replet, prenant le temps de  goûter à la douceur des chairs molles et laissant foisonner bourrelets et plis à gogo.

Les affres de la cinquantaine ne sont plus très éloignées... Je vais enfin pouvoir tester la réalité du senior sur la marché du travail, l'ostracisme anti-vieux, les réponses qui ne viennent jamais, les regards mi-dédaigneux mi-désolés, les conseils avisés qui vous orientent vers des postes de consultant ou pullulent les sultans...

Quand le rachis flanche , rien ne va plus, les jeux sont faits. Il faut choisir entre la tête et les jambes, et c'est forcément la tête qui l'emporte, il ne reste que ça, il ne faut surtout pas la perdre. Ca c'est pour la prochaine étape.

Encore un peu plus d'un an... En attendant le premier qui se lève dans le bus pour me céder sa place, rachis fragilisé ou pas, je lui file un coup de boule !

Perrette sur la Canebière

Pot L'équipe de Marseille est en forme. Elle vient d'aligner plusieurs résultats positifs. Elle sort d'une longue période de doute. Rien ne peut plus les arrêter, ces joueurs, la spirale de la victoire est en route.

Les supporters n'ont d'ailleurs jamais douté de leur équipe favorite. Nous ne sommes plus qu'à quelques longueurs de la fin du championnat, c'est sûr le titre est dans la poche ! Cela fait d'ailleurs si longtemps que ce titre leur échappe, si longtemps que le sort s'acharne sur eux. Le président monte au créneau, donne quelques coups bas dans la presse. L'heure de la revanche a sonné. Il l'avait bien dit que cette année serait la bonne, que le destin ne pouvait pas les provoquer ainsi encore plus longtemps. C'est que là il tient une sacrée équipe, en pleine confiance, pratiquant un jeu alerte et chatoyant. Rien ne peut leur résister !

Les joueurs et l'entraineur commencent à penser à l'année prochaine. Avec ce résultat la négociation des contrats pourra se faire au prix fort.

Sans aucun doute... Mais ces certitudes , traduites par les journalistes par "confiance inébranlable" ne risquent-elles pas d'empêcher Perette d'arriver à bon port (au vieux port !) et de faire choir le pot au lait ?

Il est fréquent d'associer des bons résultats à une absence de doute. Au contraire ces bons résultats ne sont-ils pas le fruit d'une remise en question, de doutes multiples, décortiqués et analysés ? Les équipes ont la fâcheuse habitude de se remettre en question seulement quand tout va mal. On associe alors à tort cette période de "doute" à leurs mauvais résultats. En fait il y a un décalage entre périodes de doutes et de certitudes, bons et mauvais résultats. On assiste alors à un cycle yoyo: je gagne donc je ne doute plus, donc je perds, donc je doute, donc je regagne... etc. Et moins le management est consistant plus la fréquence de ce phénomène est forte. Et quand rien ne va plus on appelle le "pas de chance" à la rescousse !

Pour gagner une équipe doit douter, ses managers doivent douter et pour gagner dans la durée, cette philosophie du doute devrait être permanente. Le doute n'est pas une faiblesse, c'est une vraie force qui encourage le questionnement, qui permet de prévenir, d'anticiper. Combien de fois des équipes qui ne doutent pas se font battre par une équipe réputée plus faible ? Il est certes très difficile de douter quand tout va bien, c'est pourtant cette faculté là qui permet aujourd'hui aux meilleurs d'être les meilleurs !

Il est fréquent de rencontrer des managers qui se disent être à l'abri du doute. Eux sont des vrais fonceurs, tournés vers l'action, jamais en proie à l'hésitation... Même au plus haut sommet de l'état on met en avant cette qualité de gagneur faite de certitude et de suffisance. Pourtant le bon manager est un manager qui doute, ce qui suppose avant de passer à l'action de ne pas négliger les phases d'observation et de réflexion. Douter lors de ces phases de préparation est indispensable pour être efficace et rigoureux sur le terrain, le jour J.

Marseille est une équipe yoyo, en phase haute et ne doutant plus. Elle ne gagnera pas le titre, je n'en doute pas un seul instant... 

Dormir sur la moquette

Caterpilar L'homme est pâle et apeuré. Entouré par une horde qui hurle et l'insulte. Il feint ne pas entendre et marque juste sa désapprobation par un haussement discret des sourcils. Il sait qu'il ne faudrait pas les énerver davantage. Sa chemise blanche et ses lunettes à monture fine trahissent encore son rang. Il est trop tôt pour arborer les prémisses de la détention, cernes et barbe naissante.

Pourtant, des cernes et une barbe naissante, ça serait encore plus percutant.

Les geôliers se pressent autour de lui et soufflent le chaud et le froid. On laisse approcher quelques excités suffisamment près pour sentir leur rage, mais on les repousse pour éviter tout contact. Tout juste quelques crachats fusent.

Des crachats fusent ? Aucune importance, la bave du crapaud n'atteint jamais la blanche colombe.

Une dure nuit s'annonce. Passer la nuit au bureau avec trois collaborateurs, couché sur la moquette. Comme quoi on avait eu raison de la faire épaisse et bouclée. Le DRH ne se sent pas bien, il n'a pas sa brosse à dents. Il est évacué par des gentils organisateurs. 

Parce qu'ils sont gentils. Ils ont même promis des croissants pour le lendemain. Si le DRH avait su cela avant... 

C'était cette semaine dans un bureau de la direction de Caterpillar. Des membres de la direction pris en otage par des syndicalistes. Des petits syndicalistes. Personnellement j'attendais plus fort, plus grand...un truc du style tronçonnage de petit doigt. le petit doigt du directeur , c'est tout un symbole, c'est lui qui lui dit tout, qui le conseille , dans ces durs moments de crise... Comme au bon vieux temps du Baron Empain. Certes c'était crapuleux, mais terriblement plus romantique !

Du coup le débat fait rage. L'opinion est partagée. D'un côté il y a les gentils et de l'autre les méchants. Et vice versa. Il faut dire que les acteurs ont été convaincants. Après tout, dans les jeux du pouvoir, patrons et syndicalistes se rejoignent. Ils connaissent leur rôle et l'interprètent à merveille. Cette prise d'otage est qualifiée d'illégale par certains, de morale par d'autres. Comme si légalité et moralité était corrélées !

Ces pseudos mouvements de force arrangent tout le monde. Chaque partie peut endosser le rôle de victime, du gentil, les médias se délectent, le public crie au scandale. En attendant les problèmes de fond ne sont pas traités. Que faire quand l'activité chute de 95% ? et comment amortir cette chute pour les salariés ? On aurait pu au moins mettre les otages dans un godet d'engin de chantier pour faire de la pub à peu de frais. Chez Caterpillar les syndicalistes manquent d'imagination.

Mais on a les patrons et les syndicalistes qu'on mérite. Pour un Caterpillar, il y a plusieurs cas où la négociation se fait,  difficile, éprouvante, certes, mais sans mise en scène. Je n'ai personnellement jamais eu envie de séquestrer mes patrons, encore moins de leur trancher le petit doigt. De toutes façons le premier d'entre eux n'en avait déjà plus qu'un...

Et moi ?

Marche Dans la série "tous les bienfaits de la crise" aujourd'hui décortiquons ensemble la chance unique qui nous est offerte de ne jamais atteindre la marche de Peter. "Chaque employé tend à s'élever à son niveau d'incompétence", principe décrit par Laurence J.Peter et Raymond Hull (il y a 40 ans !) qui veut que les compétents soient promus jusqu'à leur incompétence. Les incompétents stagnent alors dans leur dernier poste, la dernière marche. Ce principe est la conséquence convergente de plusieurs phénomènes:

  • Les promotions se font sur la base de compétences qui ne correspondent pas forcément à la nouvelle fonction. Combien de très bons techniciens se sont cassés les dents sur des postes d'encadrement ou d'organisation ?
  • Le désir de promotion est guidé souvent plus par des considérations financières et de prestige que par un désir d'épanouissement.
  • L'ambition est portée comme une valeur universelle.
  • Les promotions sont décidées par des incompétents (bon, pas toujours...!)

On ne se rend pas souvent compte de son incompétence. Pourtant la plupart du temps les signaux d'alarme sont nombreux:

  • Les symptômes pathologiques tels que la dépression, les maux de tête ou de dos qu'on rend facilement responsables de son incompétence.
  • Les symptômes non pathologiques qui sont de vraies stratégies conscientes ou inconscientes pour vivre son incompétence. On peut passer du temps sur des tâches annexes, ranger, classer, se déplacer, abuser des moyens de communication, simuler son activité, faire des rapports longs et obscurs, utiliser des langages abscons...

Mais quand le diagnostic est fait il est déjà trop tard. En fait il vaut mieux ne pas atteindre cette fameuse marche, même si elle est souvent inéluctable. Dans certains cas la hiérarchie et les opportunités de promotion ne le permettent pas. Les compétents arrivés au sommet essaient par tous les moyens de changer de secteur d'activité ce qui effectivement peut relancer leur ascension vers le seuil d'incompétence.

En fait , en dehors de la crise qui va mettre à la rue des compétents avant qu'ils ne deviennent incompétents, une seule solution : éviter la promotion. Pas facile de rester compétent et de mettre en place une stratégie d'évitement. Pas question de refuser frontalement une proposition, ce qui serait considéré comme un aveu...d'incompétence. Il faut tout en continuant à gouter au plaisir, l'épanouissement et à la sérénité de la compétence tout en décourageant les tentatives de promotion. La meilleure est de ne pas se fondre dans le moule: ne pas aller aux pots organisés par le patron, affirmer ses idées d'extrême gauche, ne pas ranger son bureau, faire crisser ses pneus en démarrant...autant de petits détails qui sans remettre en question le poste vont permettre d'éviter le pire: la promotion !

Les incompétents c'est comme les abrutis, c'est toujours les autres. Pourtant à la lecture du principe de Peter on ne peut éviter la question "et moi ?" 

Total irrespect

Essence Quel confort de temps à autre de faire dans le consensus mou, ça repose les neurones du bloggeur. Mais il là faut bien l'avouer l'annonce des 555 licenciements chez Total avec ses 14 milliards de bénéfices a fait l'unanimité...contre elle !

Totalement cynique. Communiquer actuellement autour de ce plan de restructuration relève de la provocation et du cynisme. Le groupe en prend pour son image, ainsi que la caste de ses dirigeants hautains et sans scrupule. Mais ils n'en ont cure. Cette provocation est lâche et est un vrai appel à la révolte. Au moins on saura avec quel carburant brûler les pneus ...Continental.

Totalement petit. Les postes supprimés représentent entre 0.2 et 0.3% du bénéfice 2008. Les arguments présentés par les seconds couteaux sont pitoyables et petits: c'est quand tout va bien qu'il faut préparer l'avenir, travailler pour la pérennité du groupe à long terme. Les objectifs sont louables, beaucoup d'entreprises meurent sur leurs lauriers. Mais la méthode laisse perplexe. S'appuyer sur la compétence de 600 personnes ne permettrait pas, avec un peu de créativité, d'apporter plus que ces malheureux dixièmes de pourcent ? Pourquoi ne peut-on pas envisager, quand on parle d'investissement, de développer les compétences et faire preuve d'imagination, plutôt que de trancher dans le vif ?

Totalement démagogiques. Certaines réactions sonnent faux. L'indignation c'est quand on est impuissant. Ceux qui seulement s'indignent et qui ont pourtant le pouvoir d'agir sont de la même graine que les dirigeants de Total. Tout ça respire le manque de respect envers le citoyen. L'état ne se prive pas d'intervenir dans certains cas. Et là ? Les ministres concernés et autre conseillers de l'agité en chef n'ont-ils que leurs larmes pour pleurer ?

Totalement escroc. Les entreprises définissent des valeurs, principes et convictions qui guident chaque membre, direction incluse. Personne ne se leurre, ces valeurs c'est du marketing bas de gamme. C'est vrai chez Total, comme dans beaucoup d'entreprises. Pas toutes, heureusement. Sur le site de Total Petrochemicals France (la branche concernée par les licenciements) on peut lire avec délectation les valeurs du groupe: "Total Petrochemicals France adhère aux principes sur lesquels Total a engagé une démarche volontariste : maîtrise de la sécurité des hommes et des installations, développement durable, responsabilité sociétale, respect des règles éthiques" . Les derniers mots ne doivent pas avoir le même sens pour tout le monde...

Cette vision des choses est probablement simpliste, mais cette annonce n'en demeure pas moins Totalement indécente et irrespectueuse pour ceux, particuliers et entreprises, qui galèrent aujourd'hui...

L'ennui nuit-il ?

Ennui En ces temps difficiles où l'activité s'essouffle, l'ennui nous guette, prompt à se jeter sur la moindre âme en proie aux affres du vide intérieur. Depuis l'enfance l'ennui est traqué, débusqué, et finalement déjoué par des colmatages permanents de ce gouffre noir: l'école, les jeux, le sport, les multiples activités, tout est bon pour éloigner l'enfant de cet état maudit : l'ennui et le désœuvrement... Le manager lui-même, toujours aux cent coups et souvent victime de coup de sang, ne supporte pas cet état rapidement assimilé à une perte de performance. Le moindre bâillement est épié, la moindre absence est vilipendée (*) !

Et si l'ennui était au contraire une saine respiration ? Une opportunité pour laisser vagabonder le vaisseau de ses pensées dans cet espace sidérant ? Si on refusait que les autres se préoccupent systématiquement du remplissage de nos pensées ?

L'ennui c'est certes s'exposer à la mélancolie, tenter un dangereux équilibre au bord de la dépression. Mais c'est aussi le moment de flirter avec les questions métaphysiques et de se sentir exister. Le vide absolu n'existe pas sur cette bonne vieille terre, pas plus que dans nos cerveaux, même fatigués. Le pouvoir de la création reprend vite le dessus et de la moindre des molécules errante naît une nouvelle vie. Le rythme effréné, érigé en valeur indiscutable, nous coupe de nos capacités infinies de renouveau. Pour l'écrivain talentueux comme pour le bloggeur miteux, l'angoisse de la page blanche est un formidable catalyseur d'idées. Pour le manager au fond du trou, cette purge après tant d'années diarrhéiques sera salutaire s'il arrête de la combattre vainement et tente au contraire de l'apprivoiser.

(*) Adjectif que l'on peut retrouver dans cette citation originale: "De Villepin est vilipendé comme un vil pendu" 

Les écolos auront-ils ma peau ?

Camion2 La crise, à qui la faute ?

Aux banquiers sans scrupules inventeurs de produits financiers toxiques et qui rechignent même à abandonner leur bonus ?

Aux traders, flambants joueurs d’un loto gagnant à tous les coups ?

Aux politiques incapables de mettre en place des mécanismes de surveillance et de régulation ?

Aux médias qui amplifient les angoisses et l’effet domino , surfant sur le sensationnel et le spectaculaire ?

Aux mâles primates avides de risques et ivres de pouvoir ?

A la surproduction des superchinois ?

Aux américains qui ont gonflé la bulle immobilière ?

Au capitalisme débridé ?

A ceux qui cumulent toutes ces tares comme le banquier-médiatique-trader-américain-escroc- capitaliste Madoff , (Faudrait vérifier s’il n’a pas des origines chinoises, en plus… )

Ben non, vous n’y êtes pas. La crise c’est la faute des écolos. Déjà victime collatérale il y a trois ans de leur acharnement à bannir la lampe à incandescence et aujourd’hui rebelote avec l’effet kiss cool contre l’industrie du camion, à l’agonie je veux malgré tout témoigner ! Je m’orienterais bien vers la production de panneaux photovoltaïques mais j’ai peur de porter la scoumoune à ce secteur plein de promesses et d’entrainer dans mon sillage ces traqueurs sans relâche !

Il ne faut plus rien produire, plus rien consommer, vivre d’amour et d’eau fraîche. A la casse toutes les voitures, camions et avions pollueurs, vive la marche à pieds. Au ban l’énergie nucléaire, mais aussi les éoliennes qui enlaidissent le paysage. Finie la production de masse, vive les fruits véreux !

Pour les écolos, un seul mot d’ordre : « durable » !

Le problème dans ces conditions, c’est que la crise risque de l’être aussi...

L'Indelocalisable fashion victime !

Globe Indelocalisable ! Enfin mon nom de scène devient à la mode ! Au départ ce n'était pas gagné, on m'a traité de patriote obtus, combattant du Larzac, apôtre du protectionnisme...mais finalement la crise  est passée par là et les chantres de la mondialisation à tout crin se sont tus. Et on parle de plus en plus de "relocalisation" ou même de prime à la non-délocalisation. Même l'agité de service a pris le mouvement en marche et ne jure que par le maintien de l'emploi en France !

Les délocalisations ne se sont opérées que sur la base du coût du travail, décisions dictées par des financiers dont a vu récemment la pertinence de leur vues à long terme. Or les autres paramètres, négligés à l'époque, comme la productivité, les coûts et délais de transport, la qualité, les aspects environnementaux et sociaux rendent souvent le coût global du produit plus élevé qu'une production locale. Sans parler des atteintes graves à la santé publique dont est coutumière la Chine en particulier: canapés allergènes, lait mélaminé, dentifrice à l'antigel et cigarettes à la fiente de pigeon...que du lourd !

Donc on relocalise ! Le dernier exemple en date, et non le moins drôle, est la relocalisation du groupe Parisot (oui, la famille de la reine du MEDEF !) qui rentre de Roumanie la queue entre les jambes. L'entreprise découvre avec stupéfaction qu'il est plus intéressant de produire des meubles en installant son site à la fois près de ses clients et près des forêts, sources de matière première. La justification d'un des dirigeants est pleine de saveur: " Parisot est un groupe familial, c’est la meilleure explication de ce choix français. On se comporte beaucoup plus comme des industriels que comme des financiers. » (source Le Parisien.fr).

Comme dans tout mouvement de balancier, attention au retour de manivelle (sic), on ne parle pas du retour au protectionnisme commercial qui ne résulterait à son tour d'aucune analyse globale et qui aurait aussi des conséquences toutes aussi catastrophiques.

En tout cas voilà une manne de plus pour les consultants qui n'auront qu'à changer une lettre de leur enseigne, le "R" à la place du "D". Et le tour est joué, on devient spécialiste en Relocalisation ! Quant à moi, je me prépare à souffrir des affres de la popularité: L'Indélocalisable, fashion victime, qui l'eût cru !!!

Pour illustrer ces délocalisations absurdes, la petite vidéo inédite et authentique ci-après est édifiante ! L'équipement présenté est une machine (de l'usine défunte, j'en connais qui vont être intéressés !) transportée dans un pays à "bas-coût" . Regardez les manques de produits et ceux qui tombent, témoins d'une productivité minable. Observez ces déchets qui s'accumulent et extrapolez...L'environnement n'est pas un problème dans ces pays-là et les normes contraignantes n'existent pas. Mais surtout soyez attentif à cette main "bas-coût" qui tente un geste de mort, plusieurs fois...Mais quelle importance ? Un ouvrier a deux mains, et il y a tellement d'ouvriers là-bas...

Dégraissage...

Foie_gras_2 Il est temps de passer au régime. Petit à petit les cellules grasses se sont disséminées en moi, s'agglutinant sournoisement dans les parties inertes de mon corps. L'opulence a mis sous l'éteignoir tous ses signaux d'alarme et en a même inhibé les derniers soupçons de leptine. La douce béatitude de l'abondance m'a plongé dans une escalade vers l'obésité et les chairs molles. La douceur des bourrelets et le confort protecteur de la graisse en ces temps de frimas qui n'en finissent pas, ont décuplé chez moi le plaisir du laisser-aller. 

Ben oui , je suis devenu un gars gras.

L'homme replet perd ses capacités de réaction, son dynamisme et ses facultés d'innovation. Les muscles s'atrophient et les artères se sclérosent. Le cercle vicieux est en route, menant inexorablement vers une fin lipidique, dans une pétarade de crises (de foie) puis dans un bouquet final ponctué généralement par une crise (cardiaque).

Heureusement il est des évènements extérieurs, souvent brutaux, ou alors une alerte soudaine qui peuvent sortir le grassouillet de sa torpeur. Trop englué dans ma douceur de vivre, j'avais oublié mon adage préféré " C’est lorsque les choses vont bien qu’il faut préparer l’avenir ..." Mais là, il est presque juste trop tard, la plaque d'athérome est bien là et les premières douleurs apparaissent...

Il est donc grand temps de faire un régime. Oh pas simplement sauter quelques repas, non, il faut vraiment remuscler la bête, repenser les pratiques, revoir même sa philosophie de vie. Transformer cette prise conscience en une véritable crise conscience. Pas évident de se priver du jour au lendemain des petits plaisirs de la vie, sauf à penser qu'ils sont les précurseurs de la mort ! Finis donc les gaspillages, les agapes sans limite, il faut que je me reconcentre vers l'essentiel, retrouver la sensation de mon corps, sentir le tressaillement de mes muscles. Et si finalement cela était une opportunité pour devenir plus fort, plus résistant pour aller plus loin, plus haut ?

Peser, mesurer, restreindre, réorganiser, repenser... ingurgiter des protéines, des glucides lents, courir, s'étirer, s'oxygéner, reconstruire son corps et son esprit ramollis par les tissus adipeux. Pâtes, thon-lentilles au citron, poêlée de légumes et fruits...revenir aux fondamentaux pour reconstruire, repartir et regrandir !

NDLR: Evidemment ce texte n'est pas une parabole et toute analogie avec une situation actuelle dans le monde de l'entreprise ou dans le monde tout court serait fortuite.

 

Collector !

JieldePlus souple qu'un contorsionniste, on peut la tordre dans tous les sens sans risquer lui briser les vertèbres. D'un geste on la positionne au millimètre près pour éclairer les endroits les plus obscurs et donner l'accès aux réglages les plus délicats. Son look arrondi et dégingandé a franchi les modes sans encombre. Vous avez, vous habitués des ateliers industriels ou des bureaux d'étude, reconnu la célèbre lampe JIELDE. On la prononce JLD, comme les initiales de son inventeur et créateur de l'entreprise qui fabrique encore cet objet sans âge. Je devine, que vous, manieurs habiles de la "JIELDE" , vous vous souvenez avec émotion de cette assistante fidèle à vos travaux les plus difficiles et minutieux. Aujourd'hui les lampes d'atelier JIELDE d'origine s'arrachent à prix d'or sur internet, plusieurs centaines d'euros pièce, et font la joie des designers ! En ces temps où la tendance est de transformer les usines en vestiges, voilà une pièce qui mérite sa place dans les vitrines des musées...

Dans notre usine défunte nous les avions repeintes couleur sable, comme l'ensemble des machines, comme pour mieux les préparer à leur future expatriation tunisienne. Là-bas, étrangement ils ont tout repeint en vert, la couleur de l'espérance et des campagnes fertiles ! Je profite de cette touche de nostalgie pour diffuser une vidéo rare, témoin du savoir-faire disparu et hommage à tous ceux qui le détenaient... A ce propos, aujourd'hui ça vaut vraiment le coup de filmer les endroits où l'on travaille, ça peut très vite devenir collector !

Et pour ceux qui en veulent savoir plus...in english in the text !

Sources d'inspiration

Journaux Ce matin pour mon développement personnel, je décide de m'évader sur le web, à la recherche des bonnes pratiques du management. Je tape "management" sur Google et là...990 000 000 pages s'affichent ! Vous avez bien lu "neuf cent quatre vingt dix million" ! Même Obama peut aller se rhabiller avec ses malheureuses 288 000 000 pages et Sarkozy est ridicule (il a l'habitude) avec son petit score de 32 800 000 pages. Bon, je voulais volontiers y passer ma matinée, mais pas forcément plus ! Sautant sur Amazone (le site !) la réponse est toute aussi décourageante: 21698 articles ! Autant dire que pour ceux qui veulent se cultiver dans ce domaine il y a pléthore de sources et que pour les apprentis écrivains le management est un thème un peu...usé. Et quand on dit qu'abondance de biens ne nuit pas, c'est possible, mais ça ne facilite pas la sélection. N'oublions pas que le manager est un homme  (quelque fois une femme) pressé.

Voilà donc le manager confronté (encore) à un délicat problème: comment dans ce fouillis faire le bon choix, trouver l'inspiration, débusquer les pratiques miracle. Il est en effet important de traquer les nouveaux concepts, les réflexions innovantes, les expériences réussies et les échecs, pour ne pas devenir un vieux croûton. Le terrain et ses exigences souvent à court terme ne suffisent pas pour construire une vision du management efficace. Comment se dépatouiller d'un tel fatras ?

Alors aujourd'hui, comme je suis dans un jour de bonté, je vais vous livrer ma recette, la recette de l'indélocalisable. Au feu les bibles de Peter, Drucker (non pas le gentil animateur !) ou Mc Gregor...Exit les ouvrages de mes mentors Juran ou Fleming...vive...la presse féminine !

Ben oui, c'est mon secret...une revue de presse hebdomadaire des quelques grands titres de la presse dite féminine. Là, les concepts originaux et les conseils avisés sont légion pour ceux qui savent les débusquer. C'est la meilleure façon de concilier le pratique et l'agréable. Quelques exemples au hasard...MARIE FRANCE novembre 2008 : " Un bébé à 50 ans est-ce bien raisonnable ? ", pour comprendre les états d'âme des séniors. ELLE janvier 2009: "Sophie Marceau "un rien me rend heureuse" qui vous vous apprend comment faire passer un gel des salaires. BIBA janvier 2009: "divorcée à 30 ans, heureusement on s'en remet " ou comment rebondir après un licenciement. MARIE CLAIRE février 2009: "Les femmes homos vibrent-elles autrement ? " pour faciliter l'accès des femmes aux métiers typiquement masculins... Une vraie mine pour le manager, sans parler des défilés de mode pour délasser son esprit fatigué.

Mais si vous êtes allergique à l'horoscope de COSMO, aux recettes de FEMME ACTUELLE ou aux abdo-fessiers de VITAL , n'hésitez pas alors à taper "indelocalisable" sur Google: 2400 pages , c'est gratuit et il n'y a rien à jeter !

Cocu le pilote ?

Superman Ben je me demande...vous savez ce vieux pilote qui posé son avion avec plein de passagers sur l'Hudson, après une panne de ses réacteurs endommagés par des oiseaux. Tous sains et saufs (sauf l'avion qui a fini par couler et probablement les oiseaux). Un héros le pilote ? c'est ce qu'on a voulu nous faire croire dans tous les médias. C'est du grand n'importe quoi, il n'est pas plus héros que vous ou moi, il prend juste un peu plus souvent l'avion (ce qui est héroïque j'en conviens).

Faites l"expérience suivante: bandez les yeux à mille sexagénaires , donnez leur un ballon , placez les à trente mètres en face d'une cage de foot et dites leur de tirer de toutes leurs forces...je vous parie qu'il y en a un qui va planter une frappe en pleine lucarne ! Est-ce une raison pour que les médias s'enflamment et parlent d'un nouveau Platini ?

Non, ce pilote qui de toutes façons était trop vieux pour réussir sciamment une telle opération, n'a fait que bénéficier de la queue de la loi de Gauss...vous savez la fameuse loi en cloche qui décrit la répartition d'une grande majorité de faits aléatoires. En gros pour faire simple vous lancez mille pilotes de compétence égale aux commandes d'un avion sans réacteur, il y en a un seul qui va s'en sortir en sauvant tous ses passagers (c'est la bonne queue de Gauss) et un qui va faire dix mille morts parce qu'il sera tombé dans un stade plein à craquer (ça c'est la mauvaise queue !). Et tous les autres vont avoir des fortunes intermédiaires. Mais en aucun cas on ne peut tirer comme enseignement que le pilote chanceux est superman ! C'est juste un miraculé, un type avec un cul bordé de nouilles (ça c'est pour le référencement google...) !

C'est comme ça qu'on fabrique des super héros...j'ai toujours été frappé par la formidable chance de Napoléon sur les champs de bataille. Jamais touché, encore moins coulé, alors que les membres de son état major qui étaient de vrais boulets en prenait, eux, en pleine figure (des boulets)...cela suffit-il à l'élever au-dessus du lot en termes de compétences ? le rescapé est-il plus compétent que les autres ?

Tout ça pour faire oublier que trois pauvres piafs qui se volaient après et qui ne cassaient pas trois pattes à un canard, ont suffit pour dézinguer un gros Airbus rempli à ras bord de gentils héros...

L'empathie c'est de la connerie !

Muselire_2 Enfin ! Toi le manager tu vas pouvoir parler vrai ! Tu as souvent tourné ta langue sept fois dans ta bouche, puis tu l'as retenue, elle s'est même transformée en bois avant que tu ne la mettes dans ta poche pour ne pas la perdre. Tes mâchoires se sont engourdies à force de les serrer. Bref tu étais muselé par la pensée correcte et les bonnes pratiques à la mode répandues par les coachs, consultants ou donneurs de leçons à tout crin. Mais là c'est la crise. Enfin tu vas pouvoir montrer ton talent, le vrai management, celui où on dit tout sans peur et avec des reproches. L'empathie ? Mais toi le manager tu n'es pas là pour te perdre dans les méandres des émotions de ton personnel. Comment peux-tu garder ton recul, ton impartialité, ton flegme légendaire si tu commences à faire de la psychanalyse !  Tout cela n'est que l'apanage des pleutres et des managers frileux ! Empathie ? Et pourquoi pas de la sympathie aussi pendant que tu y es ! Toi le manager tu as des objectifs, une mission que tu as acceptée et qui sans être impossible, est périlleuse ! Il faut sortir de la crise ! Tu vas pouvoir enfin te consacrer à l'essentiel. Là il va falloir mettre les états d'âme sous l'éteignoir, mater la résistance au changement et mettre au pli les récalcitrants. La crise pour toi c'est un exutoire et tu exultes. A force de te poser des questions, tu n'avançais plus. Mais là, à ton grand soulagement c'est la fin prématurée du management romantique ! D'ailleurs les principaux ingrédients de la crise, n'est-ce pas l'hypocrisie et le mensonge ? Oui tu vas enfin pouvoir parler vrai !

Stop !

Tu es sûr que tu ne t'égares pas ? Tu es sûr de ne pas confondre parler vrai et parler brutal ? Parler vrai ? Mais pour dire quelle vérité ? La tienne ? Et c'est parce que c'est la crise qu'elle devient universelle ? Tu te lâches, mais en réalité n'es tu pas lâche ? Dire les choses que tu penses empêche-t-il de considérer que ton interlocuteur peut ressentir les choses autrement ? Et ta vérité peux tu la dire à tous de la même façon ?

J'ai l'impression que tes hormones ont pris le pas sur ton cerveau, manager. La crise ça te déclenche des décharges d'adrénaline et ça te rend hyperactif ? C'est pour masquer tes angoisses que tu t'agites ainsi ? N'es tu finalement bon qu'à éteindre les incendies ? Tu as pâti de l'empathie, ce n'est pas ton truc et tu en as perçu les limites dans ta pratique de management. Mais garde ton sang froid ! Expose les faits avérés et quand tu dis tes vérités commence par "il me semble que..." ou "j'ai l'impression que..." ou même "je pense que...".

Et souviens-toi qu'il y a une après-crise, alors prépare la, c'est là ton vrai boulot et range le management brutal aux oubliettes...

Iconique ta lampe !

Geotrouvetoulampe_2 A l'aube de la suppression des lampes à incandescence, décision ersatz du grenelle de l'environnement, une question fondamentale a été négligée, celle de la représentation iconique de l'idée...Tout le monde ou presque a en effet oublié que la bonne vieille ampoule était utilisée depuis Edison pour représenter la naissance d'une idée géniale !

J'ai du mal avec cette idée là, celle de supprimer les lampes et je pense qu'on pourra me le pardonner après vingt-cinq ans de fabrication de cet objet aujourd'hui honni. Malgré tout il faut trouver rapidement une idée pour illustrer toutes les articles traitant de créativité et trouver un nouveau compagnon à Géo Trouvetou sous peine d'être rapidement has-been ! Mais que mettre à la place de la classique ampoule ? Quelle image représente l'idée par excellence ?

Fluocompacte2 La pure logique voudrait qu'on promeuve sa triste remplaçante, la blafarde lampe compacte fluorescente, celle qui vous plombe l'ambiance avec sa lumière froide, pire que votre beau-frère un soir de réveillon... Non, trop facile, trop laide, trop fade cette idée là !

SarkoblancDeuxième idée qui s'impose, utiliser THE icône de l'idée géniale, l'idée brillante, l'idée unique, celle qui déménage, celle qui s'impose à tous, l'idée qui tue... Non trop vue, trop envahissante, trop démago, trop clinquante, trop fatigante, trop casse-toi-pauvre-con et aux oubliettes dans quelques années...il faut trouver une icône qui dure !

Pas évident de remplacer une star (presque !) éternelle, aussi lumineuse et chaleureuse... Ma troisième proposition, celle que je préfère, à la fois classique, symbolique et universelle: la baignoire, celle d'Archimède (moins bling-bling que lui tu meurs). L'image n'est peut être pas très glamour mais tellement représentative des vraies bonnes idées ! Avec une tel symbole, même le penseur de Rodin finirait par trouver ce qu'il cherche depuis si longtemps !

Penseur_baignoire

En plus j'imagine avec délectation les réactions des adeptes du développement durable qui vont mettre en avant qu'une baignoire, ça consomme l'équivalent de quatre douches... Un pommeau de douche ! pour représenter l'idée géniale, vous ne trouvez pas ça...tiède ? Mais peut-être avez vous d'autres idées ?

 

En attendant la semaine des 4 jeudis...

L'année prochaine , c'est à dire dans 6h47mn, je ne travaille plus les jeudis. C'est comme un retour en enfance...mais à l'époque on allait à l'école le samedi après midi...alors que là même pas ! Du coup je vais faire du gras le jeudi et le vendredi...poisson ! tout est finalement en train de se remettre comme-il-faut à l'aube de cette année 2009 que je vous souhaite décadente à l'image du texte mémorable de la chanson des civils (1981) :

La crise économique c'est fantastique - La décadence c'est la folle ambiance...

Donc le jeudi j'écrirai et le vendredi vous lirez (enfin peut-être...les résolutions ne sont pas non plus faites pour être tenues...)

Du management au 7ème art...

Palmes Toi, Manager, assis sur ton sofa, que dis-je, affalé dans ton canapé, tu regardes avec envie le monde people qui gravit les marches du palais dans un feu de paillettes et de lumières.

Toi, Manager, sirotant ton soda, que dis-je t’enfilant une bière, tu attends avec impatience la cérémonie de remise des palmes d’or pour te délecter des décolletés plongeants et des discours complaisants. Tu ricanes un peu et te moques beaucoup de voir ces gens qui paradent, prennent des poses et rivalisent de convenances… Tu te dis que finalement tu ne supporterais pas de vivre dans ce milieu d’acteurs superficiels paradant à longueur de journée en quête de flatteries et autres caresses.

Pose ta bière, Manager, ta lucidité est en train de se faire la malle !

Redresse toi un peu, et écoute un peu. Manager, tu vis au milieu d’acteurs toute ta sainte journée ! Et tu es probablement le plus doué d’entre eux, celui qui mérite la palme !

Imagine, Manager, si ton personnel te voyait là, débraillé et imbibé devant ta télé, mais il te filerait directement un oscar !!!

Très tôt tu as été élevé au biberon des apparences et de la retenue. Dans tes cours de management on t’a appris à garder masque et sang-froid en toutes circonstances, à tel point que ce sang t’a gelé tout en entier. Tu as acquis au fil des ans cette capacité à te transformer et à maîtriser tes émotions. Tu es dans un perpétuel rôle de composition…fais gaffe à ne pas devenir schizo !

Ce qui t’indigne, t’émeut, te scandalise à la maison, te paraît anodin au boulot. Pire que cela, les valeurs que tu défends en privé, tu t’assois dessus avec tes collaborateurs… En fait, Manager, une partie de ton énergie est pompée par cette croyance qui voudrait que l’efficacité au bureau passe par une remise à zéro complète de ta personnalité et nécessiterait d’endosser au propre comme au figuré l’habit du manager.

Tu n’a pas de faiblesse, pas de doute, tu ne ris pas, ne pleures pas, ne flanches pas, tu ne te tâches même pas en mangeant … Ben oui tu n’es pas comme à la maison, Manager, et tu as toujours pensé que c’était un gage d’efficacité…

Tu es un sacré acteur, c’est sûr que tu la mérites cette palme…elle pourra peut-être te permettre de surnager encore quelques temps, dans ton océan de certitudes…

La dernière nuit de l'Usine

J'ai encore fait un rêve étrange de cette usine, la nuit. Elle avait été vidée de ses viscères, laissée nue sans âme laborieuse qui vive et sans machine qui tourne. Des estrades avaient été installées et des passerelles reliaient les différents ateliers. Des milliers de rayons laser et des leds multicolores zébraient l'atmosphère enfumée. J'errais avec quelques amis dans ce monde étrange, sans m'apercevoir que ce n'était qu'un rêve...Des dizaines de bar avaient été dressés et la foule s'agglutinait autour, assoifée et allumée. Les images dansaient sur les murs et les plafonds au son des rythmes les plus fous. Des milliers de fantômes déambulaient dans ces lieux magiques recherchant la meilleure vibration , celle qui transforme le corps en caisse de résonnance et qui fait exploser les tripes. Mon propre bureau avait été transformé en régie, celui du DRH en boutique de bouchons d'oreille. Techno de folie dans l'atelier central, rap déglingué dans l'atelier "duals", rock trash dans l'atelier du spiralage et salle de détente zen dans le local de la serrurerie, les lieux centenaires en tremblaient de plaisir. Le bruit, l'alcool, la lumière, la fumée, les mouvements de foules incontrôlés, tout était à l'envers de la vraie vie de l'Usine. Mais cette liberté brutale et cet art extrême avaient le bon goût d'un hommage décalé. Je m'étais toujours douté que cette Usine avait une âme la nuit, je n'avais pas imaginé que la dernière serait déjantée à ce point. Je ressentais comme une grande jouissance mêlée de tristesse d'imaginer chaque emplacement de machine, chaque bureau, chaque personne vacant à son occupation, au milieu de ce délire de feux et de sons. Les lucioles multicolores tournoyant sur les machines subliminales, mêlées à ce tourbillon des sens rendaient la scène encore plus improbable...

Et si ce n'était pas un rêve ?

Nuits sonores

Nuits_sonores Comme un dernier soupir, avant de s'endormir définitivement, L'Usine va se réveiller dans un concert de sons et d'image. Plus de deux ans après, les murs vont à nouveau trembler, comme pour rappeler que rien ne meure tout à fait...quel endroit idéal pour faire résonner les musiques d'aujourd'hui et de demain, celles qu'on écoute par le corps entier et qui font vibrer les sens. Refouler ces lieux , imaginer les hommes et les machines au milieu des traits de lumière et des bpm endiablés...un rêve. Des stars de la musique électronique, Laurent Garnier and co, comme pour un hommage débridé aux rythmes synchronisés des lignes de fabrication, aujourd'hui rouillées , démantelées et abandonnées quelque part au soleil de la Tunisie profonde...

Les nuit sonores, une vraie bonne idée, communion entre l'art et l'industrie, la vie et la mort, le bruit et le silence, le jour et la nuit...un seul endroit au monde pouvait transcender un tel spectacle, l'Usine... 

Eloge du beautile

Platon3  La recherche du beau peut elle faire partie d’une pratique de management, dont la finalité est ne l’oublions pas la performance de l’entreprise ? La définition même du beau n’est-elle pas incompatible avec les intérêts bassement matériels, comme l’intérêt économique ? Poursuivre un objectif esthétique est-il forcément antinomique avec l’exigence d’efficacité ?

Songer à privilégier le beau peut paraître absurde dans le monde gris et terne de l’industrie lourde ; Qui pourrait voir un soupçon de poésie dans ce monde de brutes ? Personne. Et justement, si on s’engouffrait dans cette brèche ? et si le beau finalement pouvait être utile ? et si on ne faisait pas que simplement joindre l’utile à l’agréable, mais aboutir à l’utile par le beau ?

La recherche du beau va évidemment se heurter à une définition controversée d’une notion considérée comme peu universelle. Je n’aurais pas la prétention de donner une version définitive mais pourrait-on s’entendre sur celle qui prétend que le beau est ce qui déclenche l’admiration et procure une sensation de plaisir ? La définition n’est pas universelle, certes, mais les belles choses ne le sont-elles pas un peu ?

Ne pourrions nous pas implanter des machines aux sons harmonieux ? Ne pourrions nous pas communiquer par mails rédigés en alexandrins ? Utiliser des produits aux odeurs parfumées, concevoir des postes de travail qui respecteraient les proportions du nombre d’or ? le beau ne serait-il pas finalement d’une utilité supérieure s’il contribue à rendre l’homme heureux au travail ? et quel est le facteur de performance le plus efficace que le plaisir de travailler ?

Ces pensées fugaces me vinrent ce matin lors d’un entraînement délicat de course à pied, soufflant comme un boeuf. J’ai réalisé sur le parcours que les coureurs les plus performants que je croisais étaient ceux qui avaient la plus belle foulée…fluide, déliée, ample, légère, alignée, aérienne, bondissante…inutile de sortir le chronomètre pour prévoir leur temps. L’élégance intimement liée à la performance, sans savoir lequel est la conséquence de l’autre…peu importe d’ailleurs. Alors plutôt que rechercher la vitesse, partir à la quête de l’esthétisme du geste….douce sensation de se sentir alors voler, sensation du déroulé parfait qui déclenche une salve d’endorphines, et qui propulse à coup sûr sur le chemin de la performance.

Asso ou disso ?

Lyon2008 Le poids de forme n’était pas au rendez vous pour cette course sous un soleil agréable mais avec un vent du sud qui promettait une dernière ligne droite douloureuse. Donc pas de chance de record, juste une nouvelle occasion d’aller au bout de soi, au-delà même. On fait des sacrifices avant, on se jure de ne jamais recommencer pendant et on regrette de ne pas être allé plus vite après. Et tout ça pour des clopinettes, tout ça pour se retrouver vent de face avec une fréquence cardiaque qui explose et une vitesse qui s’effondre.

Non ce n’était décidément pas le jour du record. Conscient en permanence pendant la course de ce rendez-vous manqué, j’en ai profité pour analyser au cœur de l’action les causes de l’échec promis, au-delà des conditions extérieures qui ne sont qu’un alibi pratique. Comment gérer l’effort quand il sort des limites du corps et de l’esprit ?

Le verdict est clair : abus du style associatif au détriment du style dissociatif. En d’autres termes je passe mon temps à me concentrer sur la douleur pour la combattre par des actions internes : on modifie sa foulée, on essaie de se relâcher ou on adopte un rythme respiratoire différent. Le style dissociatif consisterait au contraire à laisser divaguer son esprit ou se concentrer sur l’externe, en faisant des grilles de sudoku imaginaires avec les numéros des dossards des coureurs par exemple. Combattre la douleur en l’oubliant…

Comme dans toutes les stratégies gagnantes, l’alchimie est plus complexe. Certes, faire une compétition en pensant à ses futures vacances ne forge pas un vainqueur. Mais se focaliser sur la douleur n’est pas source de performance non plus. L’idéal serait de mixer les deux pour d’une part profiter de moments de récupération et d’autre part pour vérifier que la machine ne va pas tomber brutalement en panne.

On ferait mieux de temps en temps laisser divaguer son esprit, tout en le maîtrisant, et l’emmener sur les chemins de la concentration dissociative. Alors qu’en plein effort je me demandais simplement si cette constatation ne valait pas aussi pour le monde de l’entreprise, je finissais en trombe …CQFD !

Résistance !

Resist1 Toi le Manager tu es le champion du changement. Tu sais que sans évolution permanente, point de salut pour ton entreprise. Tout bouge autour de toi, les produits, les clients, le marché… En plus tu aimes ça le changement. Pour rien au monde tu voudrais changer cet amour du changement. Mais toi le manager tu es incompris, tu es le seul ou presque. Tu te heurtes en permanence aux peurs et à la résistance aux changements de tes équipes.

Toi l’ouvrier, l’opérateur, le personnel de base, tu es un poltron. Tu dis vouloir tout changer et quand le changement t’est offert sur un plateau tu résistes, tu te ligues, tu te braques. Il faudrait savoir ! tu veux changer ? alors profites-en, saute dans le wagon du manager qui lui a la chance d’aimer le changement !

Toi le Manager tu as tout compris. D’ailleurs es-tu manager inné parce que tu aimes le changement ou aimes-tu le changement parce que tu es un grand manager ? Tu fais corps avec ton entreprise en mouvement, tu précèdes, tu anticipes, tu es une volute permanente…tu as même fait appel à des consultants, spécialistes de la conduite du changement…c’est dire !

Mais toi l’ouvrier, l’opérateur, le personnel de base, tu es lourd. Quelle inertie ! bon sang bouge-toi , ne pas changer, c’est mourir un peu (*)

         

Stop !

                

D’abord, toi le Manager tu te reposes, tu vas nous péter une durite si tu continues ton rythme effréné. Tu as peur de quoi ? du repos ? du silence ? de la réflexion ? toujours dans l’action, mais l’action pourquoi faire ? l’action pour l’action ? le changement pour le changement ?

Toi le Manager t’es-tu demandé pourquoi tes équipes se dressent contre tes idées géniales ? la résistance au changement n’est-elle pas qu’une pâle excuse, une marque de la non pertinence de ton projet ou pire que ça, de ton incompétence ?

Bizarre, non, Manager, que ces gens parviennent à évoluer aussi vite dans leur vie de tous les jours, mais pas dans ton entreprise…

Souviens toi Manager, n’as-tu jamais subi des changements imposés qui t’ont fait râler, pester contre les initiateurs, fait vibrer ta fibre syndicale, même enfouie au plus profond de tes tripes ? Perdrais-tu la mémoire ? N’est-il pas légitime pour chacun de s’interroger sur la pertinence des changements proposés sans être accusé de « résistant au changement »ou de lobbyiste forcené ?

N’est-il point salutaire de s’opposer au changement, finalement ? n’est-ce pas générateur d’idées nouvelles, de pistes de consensus, de chances de réussite ?

Et toi Manager, pourquoi verrouiller d’entrée de jeu toute recherche de voies de convergence au sacro-saint prétexte de cette fameuse résistance au changement ? Ne dois-tu pas changer plutôt ta méthode ? sont-ce des résistants, ou es-tu l'agresseur ?

Oui, Manager, prends une semaine de vacances, ça te changera les idées… 

                                                                                                                   

(*) Certes l’argument est contestable : on dit bien de quelqu’un qui ne vieillit pas …qu’il ne change pas !

Hara Kiri et moi qui pleure...

52harakiri1cm Et si pour une fois, au milieu de gentilles et doucereuses considérations managériales,  je laissais éclater mon indignation ?

Et si pour une fois, faisant fi d'une sage prise de recul et d'une analyse dépassionnée, je prenais enfin le plaisir de mettre tout le gratin dans le même panier ?

Pourquoi se ranger derrière l’objectivité, la prudence, l’impartialité, la mesure et rester en retrait devant tous ces scandales à répétition ?

Les choses se passent et on oublie, et on s’habitue et on ne dit plus rien.

Pourquoi la classe politique n’a-t-elle pas plus protesté que cela devant l’augmentation indécente de 140% de notre souverain ?  pourquoi simplement de pâles discours d’opposition formatés plutôt que de vrais mouvements d’humeur spontanés et violents ? pourquoi de simples haussements d’épaules plutôt que des coups de gueule et des bras d’honneur ? 

Pourquoi ce véritable scandale de l’avion d’Estrosi à 138 000 euros le trajet, n’a-t-il pas soulevé le cœur des journalistes…mis le feu à l’assemblée, fait démissionner les élus, rempli de honte les émules de l’ouverture ?

Et maintenant cette collusion des patrons devant les indemnités de l’ex patron de l’UIMM Denis Gautier Sauvagnac , patron parmi les patrons…pourquoi tant de complicité, de silences devant l’inacceptable ? qui m’empêchera de dire et de penser « tous pourris »…, quels grands patrons ont dénoncé les émoluments incroyables de tels confrères, à la tête d’une entreprise gagnante ou pas ? car accepter au nom du profit qu’un homme gagne 500 fois plus que les sous hommes qu’il encadre n’est il pas véritablement un scandale, une honte, une abjection ? au nom de quoi celui qui se crève au boulot vaut-il 500 fois moins que celui qui joue au monopoly tout en haut de la pyramide ??? quel patron aura le courage de dire non, un grand non à tout cela ?

    

Quand les codes d'honneur seront-ils enfin rétablis ? comment peut-on garder la face ainsi, manquer de scrupule, de décence à ce point là ? et hara kiri les japonais l'ont-ils inventé pour les chiens ?

         

Tous pourris !

L'exemple du contre-exemple.

Sarko4 Il pourrait être souvent utile de revenir sur la force de l’exemple dans les situations de management. Etre cohérent entre son discours et ses actes, respecter les principes et les règles édictés aux autres est le chemin obligé vers une relation de confiance et de respect réciproques entre les acteurs concernés. Sans parler de la crédibilité même du manager qui est engagée.

Pourtant, et il est souvent nécessaire de s’en contenter, le contre exemple est lui aussi formateur. Et quand il vient du plus haut sommet il est même salvateur pour les adeptes du plus-jamais-ça. A condition de sortir de sa torpeur et de prendre un recul suffisant. Nous avons la chance (sic) aujourd’hui de connaître une période riche d’enseignement et de cas d’école. Du parler vrai qui rime avec démagogie, de la transparence qui rime avec vulgarité, des excès qui riment avec indécence, de la condescendance qui rime avec irrespect, de la précipitation qui rime avec inefficacité et des décisions qui ne riment à rien,  notre souverain nous gratifie d’un florilège à faire pâlir les plus piètres des managers.

Reconnaissons que notre artiste du contre exemple fait très fort. Profitons de ses leçons quotidiennes, boudons notre déplaisir et prenons-en le contre pieds pour progresser.

Ca risque de ne pas durer…

Non je n’ai pas envie d’embaucher un vieux (*)…

Le_viel_hommeUne partie du problème est la définition du vieux, ou "senior" comme on l’appelle pour éviter de froisser ceux dont la peau l’est déjà.

Ben un vieux, justement c’est un type de 45/50 ans qu’on n'a pas envie d’embaucher. On a beau nous abreuver de statistiques alarmantes, de bonnes intentions, d’incitations financières, de discrimination positive, je ne vois vraiement pas ce qui encouragerait à recruter un vieux.

Le vieux en général a peaufiné son CV pour mettre en avant la plus value qui pourrait expliquer des exigences salariales qui à elles seules refroidissent tout recruteur de bonne volonté.

Le vieux commence par mettre en avant son expérience. La belle affaire ! Que faire de ce qui s’est passé dans sa carrière il y a dix, vingt ou trente ans ? En quoi les périodes passées, technologiquement et managérialement dépassées peuvent être intéressantes ? Le vieux a déjà tout vu et tout connu.

Puis on passe rapidement au chapitre de la sagesse et de la maturité. Il essaie de nous expliquer que la spontanéïté est un gros défaut et qu’avec lui pas de risque. On ne pourra donc même pas espérer quelques dérapages générateurs de vie et d’enthousiasme ?  Quelques erreurs synonymes de progrès ? Le vieux nous condamnerait à une sérénité plate et triste ?

Le vieux connaît beaucoup de choses. Certes il les oublie mais tout de même il est sûr de son savoir. Alors à l’ère d’internet et de la connaissance partagée  il faudrait se taper une encyclopédie vivante, fouillis d’informations obsolètes et figées ! Oui le vieux est un expert et en plus il connaît le nom de toutes les préfectures et des sous préfectures !

Le vieux ne doute pas, il est serein. Ca c’est sûr, il ne doute de rien, se présenter avec de tels arguments !

Quand vous avez fait le tour des points forts avec le vieux, il aborde alors ses points faibles en minimisant le tableau désastreux :

  • Le vieux se fatigue vite mais si on adapte ses conditions de travail il n’y a pas de problème
  • Il  n’est pas à l’aise avec les NTIC, mais il va très vite avec sa règle à calcul.
  • L’anglais est du chinois pour lui mais il pratique la langue des signes.
  • Le vieux est cher mais compte tenu de ses qualités (voir ci-dessus), rien d’anormal.

Il y a toujours un « mais » avec les vieux au travail. Là est aussi le problème, difficile d’avoir le dernier mot avec un vieux…

Non, je n’ai décidément pas envie d’embaucher un vieux….

 

A moins que…

 

A moins de rencontrer un vieux qui accepte de lutter à armes égales avec tous les autres (les non vieux, les jeunes quoi !), qui soit plus créatif, plus dynamique, plus habile, plus enthousiaste, plus fort, plus intelligent…Un vieux qui comprenne que l’entreprise n’a aucun intérêt à embaucher un boulet simplement pour équilibrer la pyramide des âges...

 

Le CV ne devrait pas laisser deviner l’âge, ni le dévoiler. Au panier toutes les expériences éloignées, les références dépassées.

   

Je veux juste embaucher le meilleur, c’est tout. jeune ou vieux…

   

(*) ou vieille, ne faisons pas de discrimination.

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