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Du management au 7ème art...

Palmes Toi, Manager, assis sur ton sofa, que dis-je, affalé dans ton canapé, tu regardes avec envie le monde people qui gravit les marches du palais dans un feu de paillettes et de lumières.

Toi, Manager, sirotant ton soda, que dis-je t’enfilant une bière, tu attends avec impatience la cérémonie de remise des palmes d’or pour te délecter des décolletés plongeants et des discours complaisants. Tu ricanes un peu et te moques beaucoup de voir ces gens qui paradent, prennent des poses et rivalisent de convenances… Tu te dis que finalement tu ne supporterais pas de vivre dans ce milieu d’acteurs superficiels paradant à longueur de journée en quête de flatteries et autres caresses.

Pose ta bière, Manager, ta lucidité est en train de se faire la malle !

Redresse toi un peu, et écoute un peu. Manager, tu vis au milieu d’acteurs toute ta sainte journée ! Et tu es probablement le plus doué d’entre eux, celui qui mérite la palme !

Imagine, Manager, si ton personnel te voyait là, débraillé et imbibé devant ta télé, mais il te filerait directement un oscar !!!

Très tôt tu as été élevé au biberon des apparences et de la retenue. Dans tes cours de management on t’a appris à garder masque et sang-froid en toutes circonstances, à tel point que ce sang t’a gelé tout en entier. Tu as acquis au fil des ans cette capacité à te transformer et à maîtriser tes émotions. Tu es dans un perpétuel rôle de composition…fais gaffe à ne pas devenir schizo !

Ce qui t’indigne, t’émeut, te scandalise à la maison, te paraît anodin au boulot. Pire que cela, les valeurs que tu défends en privé, tu t’assois dessus avec tes collaborateurs… En fait, Manager, une partie de ton énergie est pompée par cette croyance qui voudrait que l’efficacité au bureau passe par une remise à zéro complète de ta personnalité et nécessiterait d’endosser au propre comme au figuré l’habit du manager.

Tu n’a pas de faiblesse, pas de doute, tu ne ris pas, ne pleures pas, ne flanches pas, tu ne te tâches même pas en mangeant … Ben oui tu n’es pas comme à la maison, Manager, et tu as toujours pensé que c’était un gage d’efficacité…

Tu es un sacré acteur, c’est sûr que tu la mérites cette palme…elle pourra peut-être te permettre de surnager encore quelques temps, dans ton océan de certitudes…

La dernière nuit de l'Usine

J'ai encore fait un rêve étrange de cette usine, la nuit. Elle avait été vidée de ses viscères, laissée nue sans âme laborieuse qui vive et sans machine qui tourne. Des estrades avaient été installées et des passerelles reliaient les différents ateliers. Des milliers de rayons laser et des leds multicolores zébraient l'atmosphère enfumée. J'errais avec quelques amis dans ce monde étrange, sans m'apercevoir que ce n'était qu'un rêve...Des dizaines de bar avaient été dressés et la foule s'agglutinait autour, assoifée et allumée. Les images dansaient sur les murs et les plafonds au son des rythmes les plus fous. Des milliers de fantômes déambulaient dans ces lieux magiques recherchant la meilleure vibration , celle qui transforme le corps en caisse de résonnance et qui fait exploser les tripes. Mon propre bureau avait été transformé en régie, celui du DRH en boutique de bouchons d'oreille. Techno de folie dans l'atelier central, rap déglingué dans l'atelier "duals", rock trash dans l'atelier du spiralage et salle de détente zen dans le local de la serrurerie, les lieux centenaires en tremblaient de plaisir. Le bruit, l'alcool, la lumière, la fumée, les mouvements de foules incontrôlés, tout était à l'envers de la vraie vie de l'Usine. Mais cette liberté brutale et cet art extrême avaient le bon goût d'un hommage décalé. Je m'étais toujours douté que cette Usine avait une âme la nuit, je n'avais pas imaginé que la dernière serait déjantée à ce point. Je ressentais comme une grande jouissance mêlée de tristesse d'imaginer chaque emplacement de machine, chaque bureau, chaque personne vacant à son occupation, au milieu de ce délire de feux et de sons. Les lucioles multicolores tournoyant sur les machines subliminales, mêlées à ce tourbillon des sens rendaient la scène encore plus improbable...

Et si ce n'était pas un rêve ?

Nuits sonores

Nuits_sonores Comme un dernier soupir, avant de s'endormir définitivement, L'Usine va se réveiller dans un concert de sons et d'image. Plus de deux ans après, les murs vont à nouveau trembler, comme pour rappeler que rien ne meure tout à fait...quel endroit idéal pour faire résonner les musiques d'aujourd'hui et de demain, celles qu'on écoute par le corps entier et qui font vibrer les sens. Refouler ces lieux , imaginer les hommes et les machines au milieu des traits de lumière et des bpm endiablés...un rêve. Des stars de la musique électronique, Laurent Garnier and co, comme pour un hommage débridé aux rythmes synchronisés des lignes de fabrication, aujourd'hui rouillées , démantelées et abandonnées quelque part au soleil de la Tunisie profonde...

Les nuit sonores, une vraie bonne idée, communion entre l'art et l'industrie, la vie et la mort, le bruit et le silence, le jour et la nuit...un seul endroit au monde pouvait transcender un tel spectacle, l'Usine... 

Eloge du beautile

Platon3  La recherche du beau peut elle faire partie d’une pratique de management, dont la finalité est ne l’oublions pas la performance de l’entreprise ? La définition même du beau n’est-elle pas incompatible avec les intérêts bassement matériels, comme l’intérêt économique ? Poursuivre un objectif esthétique est-il forcément antinomique avec l’exigence d’efficacité ?

Songer à privilégier le beau peut paraître absurde dans le monde gris et terne de l’industrie lourde ; Qui pourrait voir un soupçon de poésie dans ce monde de brutes ? Personne. Et justement, si on s’engouffrait dans cette brèche ? et si le beau finalement pouvait être utile ? et si on ne faisait pas que simplement joindre l’utile à l’agréable, mais aboutir à l’utile par le beau ?

La recherche du beau va évidemment se heurter à une définition controversée d’une notion considérée comme peu universelle. Je n’aurais pas la prétention de donner une version définitive mais pourrait-on s’entendre sur celle qui prétend que le beau est ce qui déclenche l’admiration et procure une sensation de plaisir ? La définition n’est pas universelle, certes, mais les belles choses ne le sont-elles pas un peu ?

Ne pourrions nous pas implanter des machines aux sons harmonieux ? Ne pourrions nous pas communiquer par mails rédigés en alexandrins ? Utiliser des produits aux odeurs parfumées, concevoir des postes de travail qui respecteraient les proportions du nombre d’or ? le beau ne serait-il pas finalement d’une utilité supérieure s’il contribue à rendre l’homme heureux au travail ? et quel est le facteur de performance le plus efficace que le plaisir de travailler ?

Ces pensées fugaces me vinrent ce matin lors d’un entraînement délicat de course à pied, soufflant comme un boeuf. J’ai réalisé sur le parcours que les coureurs les plus performants que je croisais étaient ceux qui avaient la plus belle foulée…fluide, déliée, ample, légère, alignée, aérienne, bondissante…inutile de sortir le chronomètre pour prévoir leur temps. L’élégance intimement liée à la performance, sans savoir lequel est la conséquence de l’autre…peu importe d’ailleurs. Alors plutôt que rechercher la vitesse, partir à la quête de l’esthétisme du geste….douce sensation de se sentir alors voler, sensation du déroulé parfait qui déclenche une salve d’endorphines, et qui propulse à coup sûr sur le chemin de la performance.

Asso ou disso ?

Lyon2008 Le poids de forme n’était pas au rendez vous pour cette course sous un soleil agréable mais avec un vent du sud qui promettait une dernière ligne droite douloureuse. Donc pas de chance de record, juste une nouvelle occasion d’aller au bout de soi, au-delà même. On fait des sacrifices avant, on se jure de ne jamais recommencer pendant et on regrette de ne pas être allé plus vite après. Et tout ça pour des clopinettes, tout ça pour se retrouver vent de face avec une fréquence cardiaque qui explose et une vitesse qui s’effondre.

Non ce n’était décidément pas le jour du record. Conscient en permanence pendant la course de ce rendez-vous manqué, j’en ai profité pour analyser au cœur de l’action les causes de l’échec promis, au-delà des conditions extérieures qui ne sont qu’un alibi pratique. Comment gérer l’effort quand il sort des limites du corps et de l’esprit ?

Le verdict est clair : abus du style associatif au détriment du style dissociatif. En d’autres termes je passe mon temps à me concentrer sur la douleur pour la combattre par des actions internes : on modifie sa foulée, on essaie de se relâcher ou on adopte un rythme respiratoire différent. Le style dissociatif consisterait au contraire à laisser divaguer son esprit ou se concentrer sur l’externe, en faisant des grilles de sudoku imaginaires avec les numéros des dossards des coureurs par exemple. Combattre la douleur en l’oubliant…

Comme dans toutes les stratégies gagnantes, l’alchimie est plus complexe. Certes, faire une compétition en pensant à ses futures vacances ne forge pas un vainqueur. Mais se focaliser sur la douleur n’est pas source de performance non plus. L’idéal serait de mixer les deux pour d’une part profiter de moments de récupération et d’autre part pour vérifier que la machine ne va pas tomber brutalement en panne.

On ferait mieux de temps en temps laisser divaguer son esprit, tout en le maîtrisant, et l’emmener sur les chemins de la concentration dissociative. Alors qu’en plein effort je me demandais simplement si cette constatation ne valait pas aussi pour le monde de l’entreprise, je finissais en trombe …CQFD !

Résistance !

Resist1 Toi le Manager tu es le champion du changement. Tu sais que sans évolution permanente, point de salut pour ton entreprise. Tout bouge autour de toi, les produits, les clients, le marché… En plus tu aimes ça le changement. Pour rien au monde tu voudrais changer cet amour du changement. Mais toi le manager tu es incompris, tu es le seul ou presque. Tu te heurtes en permanence aux peurs et à la résistance aux changements de tes équipes.

Toi l’ouvrier, l’opérateur, le personnel de base, tu es un poltron. Tu dis vouloir tout changer et quand le changement t’est offert sur un plateau tu résistes, tu te ligues, tu te braques. Il faudrait savoir ! tu veux changer ? alors profites-en, saute dans le wagon du manager qui lui a la chance d’aimer le changement !

Toi le Manager tu as tout compris. D’ailleurs es-tu manager inné parce que tu aimes le changement ou aimes-tu le changement parce que tu es un grand manager ? Tu fais corps avec ton entreprise en mouvement, tu précèdes, tu anticipes, tu es une volute permanente…tu as même fait appel à des consultants, spécialistes de la conduite du changement…c’est dire !

Mais toi l’ouvrier, l’opérateur, le personnel de base, tu es lourd. Quelle inertie ! bon sang bouge-toi , ne pas changer, c’est mourir un peu (*)

         

Stop !

                

D’abord, toi le Manager tu te reposes, tu vas nous péter une durite si tu continues ton rythme effréné. Tu as peur de quoi ? du repos ? du silence ? de la réflexion ? toujours dans l’action, mais l’action pourquoi faire ? l’action pour l’action ? le changement pour le changement ?

Toi le Manager t’es-tu demandé pourquoi tes équipes se dressent contre tes idées géniales ? la résistance au changement n’est-elle pas qu’une pâle excuse, une marque de la non pertinence de ton projet ou pire que ça, de ton incompétence ?

Bizarre, non, Manager, que ces gens parviennent à évoluer aussi vite dans leur vie de tous les jours, mais pas dans ton entreprise…

Souviens toi Manager, n’as-tu jamais subi des changements imposés qui t’ont fait râler, pester contre les initiateurs, fait vibrer ta fibre syndicale, même enfouie au plus profond de tes tripes ? Perdrais-tu la mémoire ? N’est-il pas légitime pour chacun de s’interroger sur la pertinence des changements proposés sans être accusé de « résistant au changement »ou de lobbyiste forcené ?

N’est-il point salutaire de s’opposer au changement, finalement ? n’est-ce pas générateur d’idées nouvelles, de pistes de consensus, de chances de réussite ?

Et toi Manager, pourquoi verrouiller d’entrée de jeu toute recherche de voies de convergence au sacro-saint prétexte de cette fameuse résistance au changement ? Ne dois-tu pas changer plutôt ta méthode ? sont-ce des résistants, ou es-tu l'agresseur ?

Oui, Manager, prends une semaine de vacances, ça te changera les idées… 

                                                                                                                   

(*) Certes l’argument est contestable : on dit bien de quelqu’un qui ne vieillit pas …qu’il ne change pas !

Hara Kiri et moi qui pleure...

52harakiri1cm Et si pour une fois, au milieu de gentilles et doucereuses considérations managériales,  je laissais éclater mon indignation ?

Et si pour une fois, faisant fi d'une sage prise de recul et d'une analyse dépassionnée, je prenais enfin le plaisir de mettre tout le gratin dans le même panier ?

Pourquoi se ranger derrière l’objectivité, la prudence, l’impartialité, la mesure et rester en retrait devant tous ces scandales à répétition ?

Les choses se passent et on oublie, et on s’habitue et on ne dit plus rien.

Pourquoi la classe politique n’a-t-elle pas plus protesté que cela devant l’augmentation indécente de 140% de notre souverain ?  pourquoi simplement de pâles discours d’opposition formatés plutôt que de vrais mouvements d’humeur spontanés et violents ? pourquoi de simples haussements d’épaules plutôt que des coups de gueule et des bras d’honneur ? 

Pourquoi ce véritable scandale de l’avion d’Estrosi à 138 000 euros le trajet, n’a-t-il pas soulevé le cœur des journalistes…mis le feu à l’assemblée, fait démissionner les élus, rempli de honte les émules de l’ouverture ?

Et maintenant cette collusion des patrons devant les indemnités de l’ex patron de l’UIMM Denis Gautier Sauvagnac , patron parmi les patrons…pourquoi tant de complicité, de silences devant l’inacceptable ? qui m’empêchera de dire et de penser « tous pourris »…, quels grands patrons ont dénoncé les émoluments incroyables de tels confrères, à la tête d’une entreprise gagnante ou pas ? car accepter au nom du profit qu’un homme gagne 500 fois plus que les sous hommes qu’il encadre n’est il pas véritablement un scandale, une honte, une abjection ? au nom de quoi celui qui se crève au boulot vaut-il 500 fois moins que celui qui joue au monopoly tout en haut de la pyramide ??? quel patron aura le courage de dire non, un grand non à tout cela ?

    

Quand les codes d'honneur seront-ils enfin rétablis ? comment peut-on garder la face ainsi, manquer de scrupule, de décence à ce point là ? et hara kiri les japonais l'ont-ils inventé pour les chiens ?

         

Tous pourris !

L'exemple du contre-exemple.

Sarko4 Il pourrait être souvent utile de revenir sur la force de l’exemple dans les situations de management. Etre cohérent entre son discours et ses actes, respecter les principes et les règles édictés aux autres est le chemin obligé vers une relation de confiance et de respect réciproques entre les acteurs concernés. Sans parler de la crédibilité même du manager qui est engagée.

Pourtant, et il est souvent nécessaire de s’en contenter, le contre exemple est lui aussi formateur. Et quand il vient du plus haut sommet il est même salvateur pour les adeptes du plus-jamais-ça. A condition de sortir de sa torpeur et de prendre un recul suffisant. Nous avons la chance (sic) aujourd’hui de connaître une période riche d’enseignement et de cas d’école. Du parler vrai qui rime avec démagogie, de la transparence qui rime avec vulgarité, des excès qui riment avec indécence, de la condescendance qui rime avec irrespect, de la précipitation qui rime avec inefficacité et des décisions qui ne riment à rien,  notre souverain nous gratifie d’un florilège à faire pâlir les plus piètres des managers.

Reconnaissons que notre artiste du contre exemple fait très fort. Profitons de ses leçons quotidiennes, boudons notre déplaisir et prenons-en le contre pieds pour progresser.

Ca risque de ne pas durer…

Non je n’ai pas envie d’embaucher un vieux (*)…

Le_viel_hommeUne partie du problème est la définition du vieux, ou "senior" comme on l’appelle pour éviter de froisser ceux dont la peau l’est déjà.

Ben un vieux, justement c’est un type de 45/50 ans qu’on n'a pas envie d’embaucher. On a beau nous abreuver de statistiques alarmantes, de bonnes intentions, d’incitations financières, de discrimination positive, je ne vois vraiement pas ce qui encouragerait à recruter un vieux.

Le vieux en général a peaufiné son CV pour mettre en avant la plus value qui pourrait expliquer des exigences salariales qui à elles seules refroidissent tout recruteur de bonne volonté.

Le vieux commence par mettre en avant son expérience. La belle affaire ! Que faire de ce qui s’est passé dans sa carrière il y a dix, vingt ou trente ans ? En quoi les périodes passées, technologiquement et managérialement dépassées peuvent être intéressantes ? Le vieux a déjà tout vu et tout connu.

Puis on passe rapidement au chapitre de la sagesse et de la maturité. Il essaie de nous expliquer que la spontanéïté est un gros défaut et qu’avec lui pas de risque. On ne pourra donc même pas espérer quelques dérapages générateurs de vie et d’enthousiasme ?  Quelques erreurs synonymes de progrès ? Le vieux nous condamnerait à une sérénité plate et triste ?

Le vieux connaît beaucoup de choses. Certes il les oublie mais tout de même il est sûr de son savoir. Alors à l’ère d’internet et de la connaissance partagée  il faudrait se taper une encyclopédie vivante, fouillis d’informations obsolètes et figées ! Oui le vieux est un expert et en plus il connaît le nom de toutes les préfectures et des sous préfectures !

Le vieux ne doute pas, il est serein. Ca c’est sûr, il ne doute de rien, se présenter avec de tels arguments !

Quand vous avez fait le tour des points forts avec le vieux, il aborde alors ses points faibles en minimisant le tableau désastreux :

  • Le vieux se fatigue vite mais si on adapte ses conditions de travail il n’y a pas de problème
  • Il  n’est pas à l’aise avec les NTIC, mais il va très vite avec sa règle à calcul.
  • L’anglais est du chinois pour lui mais il pratique la langue des signes.
  • Le vieux est cher mais compte tenu de ses qualités (voir ci-dessus), rien d’anormal.

Il y a toujours un « mais » avec les vieux au travail. Là est aussi le problème, difficile d’avoir le dernier mot avec un vieux…

Non, je n’ai décidément pas envie d’embaucher un vieux….

 

A moins que…

 

A moins de rencontrer un vieux qui accepte de lutter à armes égales avec tous les autres (les non vieux, les jeunes quoi !), qui soit plus créatif, plus dynamique, plus habile, plus enthousiaste, plus fort, plus intelligent…Un vieux qui comprenne que l’entreprise n’a aucun intérêt à embaucher un boulet simplement pour équilibrer la pyramide des âges...

 

Le CV ne devrait pas laisser deviner l’âge, ni le dévoiler. Au panier toutes les expériences éloignées, les références dépassées.

   

Je veux juste embaucher le meilleur, c’est tout. jeune ou vieux…

   

(*) ou vieille, ne faisons pas de discrimination.

La rage du formatage

Robot Les méthodes de management utilisées dans l’industrie sont la plupart du temps d’origine japonaise et quand on gratte un peu l’histoire, leurs auteurs sont très souvent des américains qui n’ont pas forcément été prophètes en leur pays.

Ainsi on retrouve le lean manufacturing accomodé à toutes les sauces, ensemble de méthodes et d’outils dont l’un des champions patentés est Toyota, pour faire simple.

Ces méthodes sont certes intéressantes, voire indispensables, mais ne le sont que dans le cas d’une adaptation réussie à l’entreprise et non pas le fruit d’un simple copié-collé. Toujours d’un concept très simple, elles nécessitent d’abord une transformation culturelle de l’entreprise et un travail sur le long terme : le maintien des acquis étant le problème majeur dans toute amélioration.

Ce qui revient à dire qu’il n’y a pas de méthode miracle pour s’engager sur le chemin de la performance industrielle. Seuls les consultants pourraient avoir envie de le faire croire. Et certains le disent sans vergogne.

Mais ces méthodes ont aussi le désagréable inconvénient de standardiser les entreprises, de les emprisonner dans un modèle à la mode, de les confiner dans un discours industriellement correct.

Ces méthodes étant basées essentiellement sur la rigueur, l’ordre et la formalisation, elles conduisent rapidement à des entreprises rigides et uniformisées. La créativité alors ne peut s’exprimer que pour contourner ce carcan inextricable de règles implantées dont finalement l’objectif est de confiner l’opérateur dans son rôle d’exécutant.

Certes la machine n’est plus au centre du management actuel, mais l’homme reste encore trop souvent considéré comme une machine.

La mode n’est plus aux organisations centralisées et hiérarchiques mais cette apparente prise en compte des aspirations humaines relève plus de la manipulation que d’une volonté réelle. La preuve en est dans les moments de crise où la nature profonde du manager laisse apparaître des restes encore vivace de sa culture taylorienne et  paramilitaire.

Laisser un champ de liberté est essentiel même si pour le manager c’est probablement une source d’ennuis potentiels, à court terme. Pourtant ces espaces de liberté qui vont de l’individu jusqu’aux groupes constituent les lubrifiants nécessaires pour que la machine ne se grippe pas et progresse de façon harmonieuse. Entre la volonté de tout maîtriser et la crainte de perdre le contrôle total, le manager doit veiller à ne pas succomber à la rage du formatage et à la tentation du tout tracé-planifié-identifié-formalisé-rangé-optimisé....

...pour éviter de transformer les usines en centres industriels gris(*) et sans âme.l francois

(

Les méthodes industrielles modernes prônent le changement comme culture intégrée. Pourquoi ne pas aussi changer de méthode ? allez voir TRIZ par exemple, méthode de créativité d’origine russe (alternative efficace au brainstorming ressassé et usé) pour la génération d’idées nouvelles dans le domaine de la résolution de problèmes techniques.

pascal francois

(*): gris, contraire de couleur...

Pas de sens...

Parfum Les murs sont épais et gris. Le shed laisse passer les rayons du siècle passé. Les flammes crachent des ombres et dansent autour des ouvrières affairées. Le verre rougeoie et se reflète sur leur visage. Les fils de tungstène s’en mêlent et s’emmêlent…

Le rythme des machines scande la cadence, les galets frappent les cames récalcitrantes.

Le sol et les murs sont sales et sombres. Les lucioles virevoltent dans une chaleur étouffante.

Les ampoules flashent en rythme alterné.

Zola ou l’image que je m’en fais et pourtant cette usine est enchantée.

Je respire l’odeur de la graisse et de l’huile des mécaniques froides qui attendent  la mise à feu.

Cette odeur…la même que l’usine de mon grand père, celle où les navettes filaient à la vitesse de la lumière, celle où les vilebrequins, roues, poulies et courroies claquaient de concert , celle dont le shed laissait passer juste un trait pour faire luire le fil et les métiers…

Cette odeur pleine d’histoire, de souvenirs et d'ouvrages sans cesse remis...

Ce sera cette usine, cette usine incandescente au parfum inoubliable.

C’était il y a 24 ans…

Et le 11 janvier 2005, il y a trois ans aujourd'hui,  des hommes insensés (*) ont signé l’arrêt de mort de l’usine sans comprendre que les murs ont une âme…l’âme des immortels…

Et une odeur… 

            

(*) Homme insensé: homme dénué de sens dont le sens olfactif, ce qui l'empêche d'avoir du nez...

Fable bucolique

Mouche1 Le café équitable avait été douceâtre et ne l'empêchait pas à présent d'esquisser un bâillement. C'est que la Responsable de l'Environnement avait du mal à se passionner pour la réunion annuelle de présentation du budget. Devant la danse des chiffres son attention faiblissait et ses pensées divaguaient entre ruisseaux, prairies, arbres et petits oiseaux. Pourquoi diable voulait on l'abreuver de nombres indigestes, le plus important n'était il point la couleur de l'herbe et la transparence de l'eau ? chiffre d'affaire, résultat...elle n'en avait cure et avait bien l'intention de profiter de cette récréation forcée pour se payer un petit somme champêtre...les yeux clos elle se laissa alors porter par sa comptine préférée...123 j'irai au bois...456 cueillir des cerises...

La mouche virevoltait, ravie de se retrouver dans une ambiance où on l'entendait voler. Quel plaisir après le déjeuner de pouvoir ainsi profiter de cet espace confiné pour enchainer looping et piqués en toute impunité !

7.8.9 dans mon panier neuf...la Responsable de l'Environnement enivrée par les odeurs de la forêt s'allongea au pied d'un arbre et se mit à regarder avec tendresse le ballet des fourmis travailleuses et l'agitation des abeilles butineuses...

La mouche en vol plané se dit qu'un repos serait mérité. Inspectant les alentours elle fut effrayée par toutes ces mains nerveuses qui s'agitaient et n'auraient su l'accueillir dignement...toutes sauf une main sagement posée sur la grande table et qui semblait si paisible. Cette piste d'atterrissage lui sembla propice et accueillante.

10.11.12 elles seront toutes...un cri strident traversa la salle, un bruit sourd l'accompagnant de concert...A la vue d'une tâche noire sur sa main la Responsable de l'Environnement, sortie brusquement de sa torpeur, écrabouilla d'un coup sec l'aviatrice impudente.

Ainsi se termina la courte vie de la mouche bucolique (*). Vous devinerez sans peine la morale de cette histoire.

(*) Mouche bucolique: littéralement se dit d'une mouche s'étant abreuvée d'excréments liquides.

Les lampes et le chaos

IncanJ’ai finalement succombé aux sirènes du grenelle de l’environnement. A force d’être toujours à la traîne dans ce domaine, comme s’en moquait Buck Charmi le responsable environnement de l’usine défunte, j’ai fini par avoir des complexes. J’ai donc remplacé toutes mes lampes à incandescence par des lampes à économie d’énergie pour quelques centaines d’euros car il a bien fallu aussi changer quelques lustres et autres lampes de chevet.

J’ignorais alors qu’elle allait être ma douleur…

Très rapidement ma femme a trouvé la lumière blanche et le style des lampes incompatibles avec le décor et les meubles du salon. Elle n’avait pas tort à vrai dire, mais d’ici à tout changer…

C’est ce qu’elle a fait, sans vergogne.

J’ai cru quelques temps, dans l’excitation du changement, que les choses allaient en rester là…

Que nenni !

Aux premières gelées elle s’est plainte de l’ambiance froide, illusion donnée par la lumière plus blanche des lampes fluorescentes. Et de m’expliquer que le confort, c’était d’abord une question de sensation, et que là elle ne se sentait pas bien.

J’ai augmenté le chauffage, et j’ai vu un sourire sur ses lèvres gercées. Enfin la quiétude des soirées d’hiver en perspective.  Malgré tout, comme elle aimait profiter le soir de la chaleur de sa lampe de chevet, en mari attentionné je lui ai rajouté un petit radiateur électrique à proximité du lit.

Mais le pire était à venir.

Le chat, SON chat, qui doit avoir une dent contre l’environnement et qui avait échappé à la cécité il y a peu de temps, n’a pas trouvé mieux que de faire tomber une de ces lampes compactes fluorescentes et d’en lécher les débris.

Et l’abruti, c’est qu’il est devenu vraiment aveugle. Je ne pensais pas que quelques milligrammes de mercure pouvaient avoir ces conséquences ! un chat normal , c’est déjà pas drôle tous les jours, mais alors aveugle !!!

La semaine dernière je regardais avec tendresse ma femme en train de lire sur le canapé du salon, un plaid sur les épaules et son chat hagard sur les genoux. D’un seul coup je la vois blêmir (sous les lampes blafardes, je ne vous explique pas le tableau…) et me tend en tremblant un journal en me montrant un encart discret :

    

«le fonctionnement des lampes basse consommation génère de puissants champs électromagnétiques, susceptibles de gravement perturber les biens et les personnes. Le CRIIREM (Centre de Recherche de d’Information Indépendante sur les Rayonnements ElectroMagnétiques) déconseille l’utilisation de ces ampoules ».

      

L’imaginant en train de perdre ses cheveux et sous la pression des générations futures (je veux parler de mes enfants…) maudissant ma fausse bonne idée, j’ai vite remis mes lampes à incandescence que j’avais eu la bonne idée de ne pas jeter.

Et je redoute, fébrile, le moment où ma femme voudra rechanger les meubles du salon…    

Je ne jure que par Juran !

Board Certains sont fans de Sharon Stone, d'autres de Georges Clooney...moi, je l'ai déjà écrit, je suis fan de Juran... probablement méconnu du grand public, plus en tout cas que Deming ou Shigeo Shingō , il a posé toutes les bases modernes du management de la qualité, et même du management tout court. Un jour viendra où on lui rendra les hommages dûs aux plus grands. Moins sexy que les sus-cités, Juran, avec son noeud de papillon et ces lunettes d'intello ? pas si sûr... Souvent je revois le vieil homme apparaissant devant son pupitre magistral et un grand écran bleu, baguette à la main pour marteler..."la majorité des erreurs provient de la direction..." Ca change un destin professionnel d'avoir été éduqué avec cette philosophie, qui rappelons le a été ignorée par les américains et encensée (et fructifiée) par les japonais.

Dans les années 80 il utilisait pour ses cours vidéo des trucages étonnants et décalés pour un petit homme de 80 ans...la première fois que j'ai vu apparaître sa planche de Galton revisitée (qu'il appelle le quincunx), c'était à la fois guignolesque et curieux...

La planche de Galton, découvrez-là dans cet aplet Java simple mais explicatif, ou comment visualiser la loi normale, résultante de la combinaison de multiples facteurs et régissant de très nombreux phénomènes aléatoires. Cette planche clouée en quinconce sur laquelle Galton faisait tomber des billes avait même été perfectionnée par Juran en rajoutant un réglage pour reproduire des lois multimodales...(ouf !)

Bref je suis fan de Juran et geek devant une planche de Galton...c'est grave ? La semaine dernière, pensant à mon maître, j'ai contacté l'institut Juran aux états unis pour avoir de ses nouvelles. Voici la réponse:

Dear Pascal,Good morning and thank you for contacting Juran. Dr. Juran is still alive and doing well.

Jouer avec des clous et des billes doit conserver, Juran a aujourd'hui...103 ans !

Des ordres ou désordre ?

Bureau_5      Au moment d’entreprendre une opération radicale pour mettre à mal le fatras régnant sur son bureau, le manager s’offre un instant d’égarement. Eliminer le désordre ou non, tel est son dilemme…nombre de fois où la juxtaposition anarchique de documents hétéroclites et sans rapport ont fait germer en lui des idées nouvelles !  Ce qui est vrai pour son espace de travail, ne le serait-il pas pour son organisation ?

Convaincu que son principal objectif est d’ordonner pour optimiser, il se rend compte avec angoisse que cet ordre qu’il recherche  est aussi porteur de chaos. Plus l’organisation est ordonnée, planifiée, rigidifiée et plus elle est sensible au moindre grain de sable. Une organisation hyper ordonnée est une organisation statique, figée, qui se retrouve rapidement fragilisée par son décalage avec les multiparamètres de son environnement en évolution continue.

Ca lui donne des sueurs au manager. Pour être efficace il faut ordonner, mais il met ainsi en danger son organisation ?

Comment supporter l’idée que l’ordre est mortel, le désordre aussi ? le manager doit-il choisir entre la corde et l’échafaud ?

Parce que ça lui fait peur le chaos, la perte de contrôle, la fuite éperdue des équilibres. Ca lui fait peur, mais il sent intuitivement aussi que le désordre est nécessaire pour engendrer la nouveauté et stimuler la créativité. Il comprend aussi que le désordre malgré tout aboutit à de nouvelles cohérences et engendre des organisations innovantes qui s’autorégulent. Le désordre est un véritable carburant du changement et crée des micro-ordres en mouvement. Il sent ce concept, le manager, mais ne peut le concrétiser, le transformer en pratique quotidienne de management. Ne doit il pas faire la différence entre l’ordre imposé et l’ordre naturel, l’évolution ordonnée ?

Il a le cerveau en feu, le manager, quand son esprit divague ainsi et fait des aller-retours entre les vices et les vertus de l’ordre et du désordre. Mais comment peut-il faire pour expliquer à ses équipes qu’elles doivent respecter  les règles jusqu’à la moindre virgule  quand lui-même est convaincu que le désordre de son bureau l’oblige à une veille permanente et salutaire ?

Comment peut il convaincre ces collaborateurs de s’engager sur des méthodes reconnues et efficaces basées sur l’ordre et le rangement (5S en milieu industriel par exemple), en ayant la crainte permanente d’appauvrir le potentiel créatif de son organisation ?

Comment peut-il promouvoir ces méthodes, véritables chemins tracés sans ignorer la richesse des voies détournées ?

Pourquoi ne rien laisser au hasard alors que le hasard est source de progrès, de nouveauté, d’évolution ?

Il se souvient, le manager, de ses lointains cours de mécanique des fluides où le professeur faisait remarquer avec malice que le régime turbulent est beaucoup plus efficace dans les échanges thermiques avec l’extérieur que le pauvre régime laminaire…

Le manager doit mettre en place une organisation apprenante, culturellement tournée vers le changement, capable d’auto-organisation. Il doit en être le régulateur, pas l'ordonnateur. 

L’ordre c’est la contrainte, les directives, la hiérarchie, la routine, l'ennui, l'inertie, le contrôle, la certitude, les normes et finalement l’assoupissement.   

Le désordre c'est la rapidité, les turbulences, la nouveauté, le changement, l'imprévu, le renouvellement, les risques, le doute, l'autonomie, la liberté, et finalement le progrès.

Opposer ces deux notions est stérile, le manager vient de réaliser que son rôle est de gérer ce mélange subtil d'ordre et de désordre, mélange qu'on appelle complexité...

Le manager sourit, le triste état de son bureau lui a encore inspiré des idées nouvelles...

J'avais la frite...

Frite3 21 octobre... un moment que j'attendais depuis lontemps, surtout depuis huit semaines, huit semaines de sacrifice et de privation. La course ! celle où il faut courir à la fois à fond et longtemps, celle qui nécessite des jambes de feu et un coeur de lion. Le temps est froid, le vent du nord souffle sur le plateau et frigorifie les 1000 participants à cette course qualifiante aux championnats de France.

Huit semaines sans gras ni sucre, huit semaines d'entrainement forcé et renforcé au petit matin ou au crépuscule, huit semaines pour perdre  sept kilos de gras sans perdre une once de muscle, huit semaines pour allonger de quelques centimètres la foulée, huit semaines pour ralentir un coeur qui bat toujours trop vite. Un objectif, battre mon record qui date de 2004, battre un record pour me persuader que la pente est toujours ascendante, pour reculer encore le vertige de la descente sans fin...

Le coup de feu claque. Je lâche les chevaux. Ma foulée est fluide, j'écarte les présompteux placés trop près du départ et qui me font obstacle. Je déroule. Huit semaines sans frite, sans beurre, sans cacahuète à l'apéritif, sans apéritif non plus. Je double et me dédouble. J'entends souffler autour de moi, cracher. Je ne m'entends même pas respirer. Chaque encouragement déclenche une décharge d'adrénaline. 175 bpm, mon coeur est à bloc, parfaitement dans le tempo, comme une belle mécanique. Huit semaines de légumes, de thon-lentille, de fromage blanc 0%, de blanc de poulet. J'accélère encore, pourquoi ai-je tant de réserve ? 178 bpm je ne m'emballe pas. Que faire, assurer ou aller encore plus vite ? comment atteindre le point de rupture sans le dépasser ? huit semaines sans permission de minuit, huit semaines de massage au ketum, huit semaines d'escaliers quatre par quatre...

L'arrivée est proche. 183 bpm, je ne regarde plus le chrono, je vole. Sentir chacun de ses muscles est une douce jouissance et un par un je dépose les coureurs au bord de la souffrance. Le dernier tour de piste est un tour de gloire, le record est battu.

Que dis-je, le record est pulvérisé ! de plus de deux minutes ! les 850 coureurs arrivant derrière moi me regardent avec envie, malgré mes huit semaines de privation. On me félicite, on s'étonne, on parle de dopage. On me dit que je suis comme le bon vin qui se bonifie avec l'âge.

Ben non, je suis persuadé qu'on ne se bonifie pas avec l'âge, bien au contraire. J'ai été bon, c'est tout. J'ai juste un regret, pourquoi ne pas être allé plus vite ? Le temps de se photographier, de se changer et nous sommes allés de concert, ex-collègues et collègues actuels affûtés eux aussi, goûter à une spécialité inédite, les frites au beurre.

Juste des frites avec une motte de beurre pour oublier ces maudites huit semaines.

 

Rugby: sortie par la (petite) porte...

Porte Je serai clair dès le départ, je n'y connais rien en rugby. Mais cette coupe du monde catastrophique (3 défaites pour 3 victoires !) était écrite avant l'heure. Tout manager devrait puiser les exemples dans le monde sportif et les contre-exemples aussi.

  • Un entraineur multi-fonctions, Bernard Laporte, aussi présent pour vanter les mérites d'un jambon que pour soutenir son équipe. A ce niveau ce n'est pas de la polyvalence, c'est de la dispersion malsaine.
  • Une starisation de l'équipe avant le début de la compétition. Le phénomène Sébastien Chabal a plus attiré les foules que semé la folie sur le terrain.
  • De graves erreurs de management comme la lecture de la lettre de Guy Moquet avant le premier match. De la confusion des genres à l'absence totale de psychologie, un grand moment de management !
  • Une absence de doute de l'entraineur qui l'empêche de se remettre en question et de réagir en fonction des évènements.
  • Absence de panache, de prise de risque, la culture extême du résultat qui rend frileux. on joue la défense et on en oublie les fondements du jeu. Erreur classique quand l'enjeu prend le pas sur le jeu.
  • Et puis jamais personne ne s'est étonné des célèbres coup de gueule dans les vestiaires de Bernard Laporte. Et si c'était un symptôme de son incompétence, qui aurait dû alerter les instances dirigeantes  ?

Le débat est lancé, la faute de Laporte ? la faute des joueurs ? selon moi la réponse est claire: ceux qui ont fait le choix de l'incompétence et ont laissé un tel entraineur à la tête de l'équipe de France sont les premiers responsables de ce fiasco.

Les joueurs n'y sont pour rien. Et les quelques mauvais d'entre eux ne sont que victimes du choix du sélectionneur. Tout est affaire de management et comme le disait Juran, la grande majorité des erreurs viennent de la direction. Et quand on voit un chef qui éructe, gueule, ne doute pas, ne prend pas de risque, de donne pas d'autonomie, n'improvise pas, se disperse, ne supporte par la critique, le diagnostic est malheureusement sans appel...le résultat aussi !

Le paradoxe du camion

M767ca7pxw2xca24t5dscalhb612caxaz0n Bon, en fait pour moi c'est fini depuis près de deux ans les lampes à incandescence consommatrices d'énergie, mélange de verre et de métaux difficiles à trier, sans parler des gaz rares prisonniers de cette enveloppe de verre bannie. D'ailleurs il faudrait songer à ne plus utiliser la lampe à incandescence pour illustrer une idée géniale, car en fin de compte c'était une très mauvaise idée. Aujourd'hui je me suis reconverti dans la production de pièces pour camions. Vous allez rétorquer que d'un point de vue écologique ce n'est pas mieux. Mais j'ai bien l'intention d'aller jusqu'à la fin des camions, après je produirai autre chose jusqu'à la fin aussi, parce que finalement tout a une fin et même en général tout est bien qui finit bien...

En fait  si j'ai choisi les camions, ce n'est pas que j'aime les camions mais plutôt à cause du "paradoxe du camion": plus je produis des pièces de camion, plus j'ai besoin de camions pour les transporter et plus il y a de camions pour transporter des pièces de camion  plus il faut produire de pièces pour les camions !

Vous avez suivi ? le paradoxe du camion c'est pour moi la garantie d'un job durable !

La fermeture durable

Quand la logique financière rejoint la logique écologique...quoi de meilleur que la fermeture d'une usine pour faire respirer un petit bout de planète ? adieu aux fumées, aux bruits, aux odeurs, aux aller retours des camions, à la production de déchets ! Rapidement la nature reprend ses droits. La fermeture durable en faveur du développement durable ! encore quelques années et la France sera verte et saine. Admirez le résultat au bout de deux ans à peine...

Dernière minute: un des points du grenelle de l'environnement, c'est la suppression des lampes à incandescence d'ici 5 ans. Bonne nouvelle ! on aura anticipé le mouvement ! 300 écologistes avant-gardistes ont décidé il ya deux ans, non seulement de laisser la nature reprendre ses droits (voir plus haut), mais aussi de stopper la fabrication de ce produit néfaste et dangereux. Remercions les pour ce geste noble pour les générations futures.

La logistique et la production (fable)

Livre  Il faisait très chaud ce jour là, plus de 35°, pas de quoi mettre un coureur dehors. J'examinais avec attention les molets fins et tendus de SM. Pas de doute j'allais encore me faire battre. "je vais partir avec les éthiopiens". Ce qui est bien avec SM c'est qu'il ne doute de rien. Partir avec les éthiopiens ! enfin ceux qu'on appelle ainsi parce qu'ils sont plus proches de la gazelle que de mon voisin de palier. Ces coureurs des hauts plateaux qui écument les courses régionales pour boucler les fins de mois. SM s'approche du groupe des éthiopiens. C'est bizarre comme il semble obèse au milieu de ces jambes interminables !

Pourtant , ceux qui suivent ce blog, savent que SM est sec.

Au coup de pistolet une marée noire s'élance. Désynchronisé mais aussi rapide, SM  fait un peu tâche blanche au milieu, comme une écume polluée. Rapidement je les perds de vue. Je pars à mon rythme, comme d'habitude. 3'40" sur le premier kilomètre, c'est bien.

Alors les pensées diverses prennent le pas sur la stratégie de course. Se faire griller par la logistique, eux qui d'habitude sont toujours juste en retard, à défaut d'être juste-à-temps...comment revenir lundi la tête haute en ayant pris plusieurs minutes dans la calebasse ?

Deuxième puis troisième kilomètre. Mon rythme s'est légèrement réduit. je ne pense plus à SM . De toutes façons il est surement dopé, ça ne peut pas être autrement. Et puis lors de la réunion du lundi matin, je ne vais pas le rater...

Je suis dans les temps de mon record. La chaleur est pourtant étouffante. Je remonte progressivement les coureurs partis trop vite.

Cinquième kilomètre: une silhouette est à la peine juste devant moi. Je me porte à sa hauteur. C'est lui ! le visage déformé, la cuisse terne et la langue pendante ! je lui adresse un regard aimable, jauge son état et je le laisse sur place dans une accélération fulgurante...un petit coup d'adrénaline par dessus les endorphines, coktail détonant qui remet les choses à leur juste place. Après tout il faut respecter la hiérarchie...

C'est la seule fois où j'ai battu SM dans une course officielle. Mais grâce à ça c'est (encore) mon ami... jusqu'à la prochaine, qui aura lieu le 21 octobre !

En attendant je vous recommande ce très bon film, Fair play, passé inaperçu mais si pertinent sur les relations humaines ambigües entre le sport et le monde du travail. 

File ou Passe ? Décide !

Ds Le manager est un homme seul le soir, quand une fois tout le monde parti, il se retrouve engoncé dans son fauteuil en cuir, les pieds sur son bureau en acajou. Il soupire le manager de haut vol, mais ça ne le fait pas décoller. Il y a des fois où il se sent si seul. Quand il pense qu'on lui reproche ses revenus mirifiques et ses stock-options ! Mais il se retrouve face à lui-même quand il faut prendre La Décision, celle qui met en jeu l'avenir de son entreprise, de ses actionnaires, de ses salariés et de son propre destin ! Comment choisir, comment prévoir, comment prendre en compte les multi paramètres, l'environnement, les aléas ? Faut-il se fier à son intuition, aux analyses chiffrées, utiliser des outils comme le mind mapping ? Faut-il se diriger vers une voie sure mais aux gains limités ou au contraire prendre le chemin risqué mais potentiellement pavé d'or ? faut-il se laisser guider pas ses émotions ou au contraire s'en méfier ?

En me gardant d'apporter une réponse à ces questions largement débattues dans tous les manuels du parfait décideur, voici la technique que je préconise...:

  • Le choix entre deux solutions ? Pile ou Face une méthode infaillible, qui nécessite que très peu de moyens (1 centime d'euro peut suffire !) . Intérêt de la méthode: rapide, sure, ne laisse jamais place aux compromis.
  • Le choix entre une multitude de solutions ? Le lancer de dés, méthode plus compliquée mais qui permet de s'adapter à un grand nombre de situations. on affecte un nombre de 1 à n aux différentes hypothèses et on opère un leste jeté...
  • Un choix à trancher avec son proche collaborateur ? Déguiller (méthode lyonnaise encore appelée méthode "chou-fleur") est certainement la voie royale. Il faut se placer à quelques mètres l'un de l'autre et avancer d'un pied à tour de rôle en venant en butée sur la pointe du pied précédent. A chaque fois l'un prononce le mot "chou" et l'autre le mot "fleur". Lors de la rencontre fatidique, celui qui marche sur le pied de l'autre emporte la décision. La méthode est certes complexe mais une fois maîtrisée elle peut s'appliquer en tout lieu et sans aucun équipement ! radicale !

Le hasard est partout. Il est source de vie, il est à la base de l'évolution des espèces, il crée la diversité et la richesse, il génère les surprises et l'inventivité. Alors pourquoi ne pas confier le choix de nos décisions importantes au hasard ?

Et puis la prise de décision elle-même est-elle réellement importante ? spectaculaire, elle l'est, certainement, bonne pour l'esbrouffe assurément, mais ce qui compte avant tout, c'est la mise en oeuvre de la décision, son accompagnement, la motivation et la croyance du décideur dans son choix.

Après tout, une décision ne devient bonne que longtemps après l'avoir prise !

Dépose là tes postulats

Jish Bienvenu dans l'antre du management romantique. Mais avant de pénétrer ce monde étrange, nouveau, dépose là tes postulats. Pas facile, probablement, de se débarrasser de toutes les préceptes enseignés tout au long d'une vie professionnelle bien remplie. Compliqué de remiser les certitudes, de se défaire du poids de l'expérience, de botter l'arrière train du politiquement correct. Mais si les fondations étaient fragiles ? si les dés étaient pipés ? si le château n'était fait que de cartes chancelantes ? et si on remettait en question les postulats de base, cela n'ouvrirait-il pas des voies nouvelles ? Engoncés dans les schémas classiques, on ne se pose même plus ces questions-la. Assurément le doute ne fait pas partie de la panoplie du manager.  Alors juste un petit effort , dépose là tes postulats...comme Josh Randall déposait sa winchester avant de rentrer dans la salle de poker...

Les absents ont toujours tort, insultons les...

Casse Tout devient possible quand les règles du jeu sont claires et acceptées. Ce postulat peut permettre des pratiques surprenantes dans le monde du management. Je voudrais en citer une qui au premier abord peut apparaître étrange et décalée mais qui a fait ses preuves dans la constitution d'une équipe solide et fidèle. Dans les groupes les plus soudés les ressentiments cachés et sous-jacents sont légion, leur expression directe nourrit très souvent un cercle vicieux inextricable. Les méthodes à la mode dans les entreprises dans les années 1990 de l'analyse transactionnelle à la PNL ont montré leurs limites et ont surtout servi à introduire des gourous manipulateurs dans le monde du travail. Les échecs de ces méthodes les ont précipité dans les bonheur et les affres du coaching, nouveau refuge de tous les psyquelque-chose...

Bref, dire à son collègue de droite que c'est un abruti, malgré toutes les techniques de communication, n'a jamais arrangé les choses. Alors prenons les contre-pieds de la bienséance, bousculons les conventions, l'avènement du management romantique est à ce prix là...la règle proposée est la suivante:

Partons du principe que les absents ont toujours tort. Acceptons alors qu'ayant tort, l'absent soit fortement remis en question, critiqué, villipendé, voire insulté par ses collègues présents.Quelles séances grandioses de lynchage organisées à la cafétaria ! cassé l'absent ! (comme dirait Brice de Nice...)

L'expression collective des ressentiments contre un membre du groupe absent a de nombreuses vertus : canalisation au sein d'une équipe des pratiques naturelles de dénigrement, évacuation du trop plein en direction d'une victime exutoire, régulation indirecte et débat autour des torts de l'absent...

Et lorsque celui-ci revient d'une journée de congés, le coeur léger sachant qu'il a été lourdement chargé la veille , victime d'acouphènes quelques fois, on se rend compte que le bougre n'est pas si mauvais. Et puis un jour notre tour viendra...et participer à tour de rôle permet de comprendre les mécanismes de nos rancoeurs. Tout en évitant les traumatismes de l'attaque frontale, cette pratique permet de réguler et d'atténuer nos ressentiments.

Accepter les règles de ce jeu-là demande déjà que l'équipe soit mature. Mais ça marche. Je viens de recevoir un mail d'un ancien collègue: "je serais absent à notre repas mensuel, je suis heureux pour moi et pour vous, vous allez pouvoir vous en donner à coeur joie" !

Comme quoi l'absent à parfois raison !

La délocalisation ou la vie ?

Suicide C'était un homme du passé mais il désirait tant qu'il y ait un futur pour les autres. Le fondateur de Jallatte, Pierre Jalllatte, fabriquant des chaussures de sécurité Jallatte s'est donné la mort. C'est beau. Geste noble et rare. Geste ultime vraisemblablement dirigé contre les dirigeants actuels et leur décision de délocaliser la production vers la Tunisie. Mais qu'il est dommage de devoir faire don de sa vie pour exprimer son refus de voir l'usine de sa vie massacrée par des incompétents. Car le problème est bien là: La facilité aujourd'hui à dégager de fortes plus values en délocalisant permet au moindre dirigeant sans scrupule d'opérer au grand jour, en toute légalité sans même étudier réellement les solutions alternatives. La créativité, la combativité, la prise de risque ne font pas partie de la palette de cette race de managers. La recette est connue: j'achète une entreprise en dificulté, je restructure, je délocalise , je rends la mariée belle, je revends et j'empoche. Le tout en quelques années voire quelques mois.  Pourquoi ce lancer dans une partie difficile et risquée quand le jeu est gagné d'avance ? la majorité de ces mercenaires, d'ailleurs, seraient bien incapables de trouver des solutions innovantes. C'est bien le problème. Et leur seul argument est de balayer d'un revers dédaigneux toute tentative de résistance en énonçant le p